MAREÏ. ,180 liquide aura cheminé dans le tube sera constamment propor¬ tionnelle à la dilatation du tronçon aortique (1). Si, l’index du tube à déplacement étant sur une division quelconque, on élève le réservoir de 10 centimètres, on voit la colonne liquide s’avancer d’une certaine quantité, expri¬ mant la valeur de la dilatation de l’aorte ; élevons ensuite le réservoir de 10 autres centimètres et nous aurons un nouveau déplacement de l’index, exprimant une nouvelle dilatation du vaisseau. Or, si nous portons en ordonnée les valeurs succes¬ sives des dilatations de l’aorte et sur l’axe des abscisses les pressions régulièrement croissantes auxquelles l’aorte a été soumise, nous obtiendrons la courbe de l’extensibilité de l’aorte en fonction de la pression. La figure 40 montre une série de courbes ainsi obtenues. Les courbes A, B, C, D, E correspondent à la dilatation d’aortes d’hommes ou d’animaux sous des charges régulière¬ ment croissantes ; elles offrent toutes .ce caractère commun, d’étre surbaissées et d’avoir leur convexité tournée en haut. Cette forme exprime que la dilatation de l’aorte devient de plus en plus faible pour des pressions de plus en plus éle¬ vées. Il semble, au premier abord, que le tissu de certaines aortes E et D soit beaucoup plus extensible que celui de certaines autres, attendu que les ordonnées des courbes qu’elles ont données sont plus hautes et que la courbe s’élève plus brusquement. Il ne faut pas s’en rapporter à cette apparence, parce que l’importance de la dilatation n’est pas seulement proportionnelle à l’extensibilité du tissu aortique, mais aussi à la capacité du vaisseau sur lequel on opère. Les courbes E (1) Voici un détail pratique et indispensable à connaître. Si l’on introduisait directement dans le tronçon aortique l’eau du réservoir R, cette eau fuirait de toute part, et si elle était colorée, on la verrait se répandre à l’intérieur du manchon de verre. Cela tient à ce que l’aorte ne peut être détachée sans qu'on divise un grand nombre de petites artères qui en émanent et sur les¬ quelles on ne saurait placer de ligatures. Pour fermer toutes ces ouvertures, on met à l’intérieur de l’aorte une poche de caoutchouc extrêmement mince et beaucoup plus large que l’aorte elle-même. C’est cette poche qui reçoit l’eau et qui, s’appliquant exactement à la face interne de l’aorte, ferme toutes les ouvertures des artérioles qui en émanent, sans présenter par elle-même une résistance appréciable à la distension. L’intermédiaire de cette poche ne change donc pas sensiblement la force élastique de l'aorte.