L’ORGUE, DU VIIU AU XIIe SIÈCLE 69 elle, 1 exécutant les porte en bandoulière; au lieu de tourner la roue, sa main gauche presse le soufflet, la droite parcourant le clavier de 7 à 12 notes qui font parler un minus¬ cule jeu d anches. C’est d’eux qu’il est question dans le Roman de la Rose, v. 21955 et suivants : Orgues avaient bien maniables, A une main portables, Où il même souffle et touche. « 11 ne semble pas, dit encore M. Gastoué, que jusqu’ici les histo¬ riens de la musique aient tenu assez compte de 1 usage de ces orgues à bras. Cet usage, en effet, explique seul que les chanteurs d'organum aient pu, dès le XIe siècle au moins, être appelés « orga¬ nistes », terme qui exprime l’action de « jouer de l’or¬ gue »; or, quand nous voyons, dans tel ou tel récit de ce temps, trois ou quatre « clercs orga¬ nistes » venir se placer devant le chœur pour chanter, il paraît assez évident qu’ils chantaient ainsi en jouant, s’accom¬ pagnant sur l’orgue à bras comme ces saints et ces anges que nous voyons si fréquemment figurer, dans des scènes analo¬ gues, sur des vitraux et aux portails de nos vieilles cathédrales. » Ces orgues portatives s’appelaient ninfali en Italie, orgueus de coll ou de peu (de col ou de pied) en Espagne. Quand les instruments positifs se répandirent au XIIIe siècle, — instruments plus lourds, qu’il faut poser, parce qu’on ne Facteur d'Orgues. PL. /.XXX//. dt Ll lÀirdsÜc- Jadf. Orgue-régale, avec pédale de soufflerie « à pantoufle ». (D’après dom BÉDOS).