434 TRAVAIL ET PLAISIR immédiate du travail, la pression ne monte guère et l’élévation est très lente ; si même la dépression du travail a été très considérable, l’éléva¬ tion de pression peut faire défaut : dans un cas de fatigue par excitation auditive (la sonnerie électrique avait été actionnée 6 minutes avant le travail), la pression, qui était de 850 au début du travail, est tombée à 750 après le 4° ergogramme. Quand la pression artérielle a atteint son maximum, elle s’y maintient pendant quelques ergogrammes, puis elle diminue lentement. Si on a travaillé sans excitation, le travail de la 8e et même de la 9e série ne tombe guère au-dessous de 50 p. 100 de celui de la première, et la pres¬ sion artérielle s’abaisse peu au-dessous de ce qu’elle était au début : elle arrive à 750 grammes après le 36e ergogramme (9 séries) ; on peut aller jusqu’au 56e ergogramme (14 séries) sans qu’elle s’abaisse au-dessous de 700 grammes. Au contraire lorsqu’on a travaillé avec un excitant qui provoque au début un travail considérable suivi d’une fatigue rapide, la pression artérielle qui s’élève davantage tombe aussi plus vite, mais l’abaissement s’arrête dès que le travail est devenu insignifiant, et elle peut être encore à 1.100 après le 36e ergogramme. Si alors on provoque une suractivité du travail, soit par des mouvements associés (mastication, mouvements du membre inférieur, ou de l’autre membre supérieur, etc.) ou par une excitation sensorielle quelconque, on voit qu’au moment de la recrudescence du travail, il se produit quelquefois un léger relève¬ ment de la pression ; mais, dès que la fatigue reparaît, la pression diminue plus rapidement qu’avant la recrudescence provoquée du tra¬ vail; et quand on a renouvelé plusieurs fois les excitations, on peut voir la pression s’abaisser jusqu’à 350 grammes. Chaque fois qu’on a voulu répéter suffisamment les excitations, on a obtenu cet abaissement, mais on n’a pas pu le dépasser. Ces faits montrent que la fatigue des centres du mouvement volon¬ taire, qui s’objective par l'incapacité graduelle d’un mouvement déter¬ miné, n’entraîne que des modifications lentes et peu importantes de la circulation, tant qu’elle n’est pas interrompue par une excitation inter¬ currente. Mais les excitations qui paraissent défatiguer pour un moment pro¬ voquent un abaissement rapide de la pression artérielle. Dans ces expériences, cet abaissement n’est guère durable; il a disparu au bout d’une heure environ. O trahit cependant une menace pour l’organisme. Si les excitations qui interrompent la fatigue en provoquant un sur¬ croît de travail momentané produisent des troubles qui constituent une menace pour l’organisme, on peut dire que la sensation de fatigue est'