RAISONS PROFONDES DE CETTE ÉVOLUTION 143 listes; en fait, un vers fait de timbres et de rythmes toniques qui va rejoindre la « prose » analogue des Rabelais, Rousseau, Chateaubriand, Rimbaud. 5. Raisons profondes de cette évolution. — L’alexan¬ drin du genre Boileau, le « vers blanc orné de rime », a donc paru dans l’histoire avant l’autre, « rime suivie de vers blanc ». Ce n’est pas tout. Les deux n’ont pas la même im¬ portance. Le premier, celui du genre Boileau, a une vogue non seulement plus ancienne, mais à tous points de vue plus considérable que l’autre. Même, l’alexan¬ drin où la rime est primordiale, arrive difficilement à échapper à l’influence et au souvenir de l’alexandrin de Boileau. Il tend toujours à conserver certaines règles de celui-ci, — des survivances. La raison en est que si l’alexandrin classique naît d’une observation inconsciente des rythmes spontanés, de la prose lyrique, Vautre alexandrin naît d’une ob¬ servation plus ou moins inconsciente de l’alexandrin classique. Ainsi, l’alexandrin du genre Hugo-Banville, n’est pas une forme dérivée directement des rythmes spontanés, elle en dérive par l’intermédiaire de l’alexandrin classique. En effet, l’alexandrin « vers blanc orné de rime » nous est apparu comme né de la prose, en quelque sorte en trois étapes (d’ailleurs plus ou moins incons¬ cientes et confondues) : observation des membres de