84 LA SENSIBILITÉ MUSICALE évoquent volontiers le souvenir des anciennes échelles diatoniques (Schumann, Troisième Symphonie, IV) ; 4° Echelle majeure., représentée par les mêmes notes que l’échelle diatonique, mais avec un autre point de départ, direction ascendante, degrés principaux, ceux de l’accord parfait do, mi, sol, do ; ou plutôt sol, do, mi, sol. Le squelette de cette échelle apparaît clairement dans 1’andante de la Symphonie en mi |? de Haydn {Paukenwir¬ bel), où se trouve employée dans les variations majeures l’échelle suivante : sol, do, ré ou ré ÿ, mi, fa ou fa jf, sol, la distinction étant nette entre les notes essentielles et les notes de passage (cf. à cet égard la Marseillaise). L’éthos du majeur correspond à celui du dorien et va même plus loin ; le dorien était mâle, le majeur est militaire ; 5° Echelle mineure essentiellement flottante; direction incertaine ; degrés principaux : positivement, la quinte, négativement, interdiction de la tierce majeure; ad libitum, selon le sens du mouvement, pour le reste. C’est à cette échelle qu’est désormais dévolu, en remplacement du chro¬ matique et de l’enharmonique anciens, le rôle d’évoquer les inflexions passionnées de la voix, de styliser l’échelle continue (i). Aucun de ces types d’échelles n’est pur, ne représente le résultat simple de lois naturelles, l’application logique d’un principe unique ; tous sont des complexes aux ori¬ gines infiniment multiples, chargés de significations qui demeurent secrètes pour notre conscience claire, mais auxquelles notre vie intérieure est habituée depuis trop longtemps pour qu’elle les méconnaisse. (i) La différence entre l’échelle diatonique mineure et l'échelle chromatique mineure apparaît nettement dans la cantate Ihr werdet weinen, où Bach emploie Tune pour peindre la joie, l’autre pour peindre la douleur.