LES ÉCHELLES 55 et que les influences européennes n’ont pas encore modi¬ fié leur sensibilité musicale. Le cas est malheureusement rare, et il ne faut pas se dissimuler qu'à mesure que l’exten¬ sion des observations phonographiques permet de déter¬ miner exactement les acuités des mélodies primitives, 1 exportation des phonographes et des accordéons tend à les ramener à un standard uniforme. On trouvera dans Walîaschek (passim) toutes les indi¬ cations utiles pour l’étude des musiques primitives et à la page 75 du livre de Stumpf (Die Anfänge, etc.), une biblio¬ graphie des recueils phono graphiques, les seuls qui puissent donner — sans les donner toujours — des renseignements objectifs sur les variations des échelles. 2. Les échelles instrumentales ; la division de l’octave en majeure et mineure * L’apparition des instruments entraîne deux résultats importants : 1° D’une manière générale, création des échelles fixes ; 2° Dans certains cas particuliers, introduction des har- moniques. v Ce second résultat n’intervient qu’à partir du moment oh les instruments dont on se sert comportent des harmo¬ niques dont on puisse tirer parti pour la production des sons ; or, c’est là un fait relativement récent. Nous réserverons donc la question, nous en tenant à celle de la fixation des échelles qui marque dans la musique une évolution capitale. Plaçons-nous — nous sommes dans le domaine de la pure hypothèse — à une époque antérieure à tous les instruments connus, et cherchons les réactions possibles de l’homme qui le premier a constaté qu’on peut faire varier le son émis par un roseau en y perçant des trous, ou bien obtenir