CHAPITRE IV LES ÉCHELLES 1. La question de l’échelle « naturelle ». 2. Les échelles instrumentales ; la division de l’octave en majeure et mineure. 3. Vues anticipées sur la subdivision modulaire de l’octave. 4. La subdivision de la mineure. 5. Les divisions canoniques. 6. La gamme diatonique et les modes. 7. Les sons harmoniques et l’échelle majeure. i. La question de l’échelle « naturelle j> Une échelle peut être dite naturelle dans la mesure où elle est imposée, en dehors de toute convention, par le méca¬ nisme même de la phonation ou de l'audition (i). (i) Nous laissons de côté, avec Wallaschek, les assertions insuffisamment con¬ trôlées de certains naturalistes, qui attribuent à des animaux, à diverses espèces de singes, par exemple, le sentiment d’une échelle musicale, et nous parlent de cris qui montent « en suivant la gamme chromatique ». Ils omettent d’ailleurs de préciser et pour cause — s’il s’agit de la gamme « juste » ou de la gamme « tempérée », ou même si ces primates, disciples de certains musiciens modernes, ne procéderaient point par quarts de ton ! Il est vraisemblable qu’il s’agit tout simplement de la gamme continue ou panchromatique, laquelle, par définition, ne comporte pas de degrés, et ainsi ressemble beaucoup plus à une corde qu’à une échelle. Voir sur ce point les très justes critiques de Stumpf, Die Anfänge der Musik, Leipzig, 19x6.