EFFET DR l’AGITATION SUR LE BLAXC d’œüF. 137 d’œuf sont encore à peine ébauchées; niais on peut déjà affirmer la présence indubitable dans ce dernier de toutes les substances qui caractérisent le plus l’action de la trypsine sur les albumines, savoir: la tyrosine, la leucine et les peptones. Si la présence de ceux-ci est le résultat de l'action mécanique sur le blanc d’œuf, il est nécessaire d’admettre aussi la constitution mécanique de ce dernier, laquelle, d’ailleurs, dans certaines limites, s’observe très facile¬ ment. Un blanc d’œuf entier est formé microscopiquement d une multitude de cavités, séparées les unes des autres par de tines membranes et rem¬ plies d’un liquide qui s’en échappe, lorsqu’on coupe le blanc d’œuf avec des ciseaux, qu’on le triture etc. Cependant il faut croire que par ces opérations on est loin d’atteindre la destruction complète de la structure du blanc d œuf, et (pie celle-ci se conserve encore après qu'il a été réduit en parcelles micro¬ scopiques. Cette structure microscopique du blanc d’œuf peut être observée, comme le montrent les toutes dernières recherches du prof. A. Fischer *), à un grossissement de 000 fois, c’est-à-dire relativement petit. Les précipités de différents corps albuminoïdes obtenus par l’action de réactifs qui pro¬ voquent la coagulation des albumines montrent sous le microscope la même structure que le blanc d'œuf entier, c’est-à-dire des cavités, microscopiques cette fois, remplies d’un contenu liquide. C'est, la destruction de cette structure microscopique au moyen d'une action mécanique prolongée que nous considérons être, dans notre essai la cause de la séparation du blanc d'œuf des substances nommées plus haut. 11 est possible qu'une telle destruction du blanc d’œuf ait aussi lieu pen¬ dant qu'il subit l’action de la trypsine, en admettant que cette enzyme diminue l’élasticité des parois des cavités du blanc d’œuf et, en même temps, les rend plus propres à la diffusion. Notre essai, pour le moment encore unique, nous permet déjà de poser ces thèses qui serviront à déterminer la direction de nos essais ultérieurs. 1) Les corps albuminoïdes sont des tissus et non des individus chimiques. 2) Les corps albuminoïdes ne donnent des solutions qu’en apparence; en réalité ils ne sont solubles dans aucun dissolvant et, par conséquent, ne peuvent pas dialyser. 3) La détermination du poids moléculaire ainsi que la synthèse des corps albuminoïdes ne peuvent être comptées parmi les problèmes (tue résoudra la chimie. 4) L'action des enzymes sur les albumines n'est probablement pas un processus chimique, mais un processus physique. b A. Fischer, Fixirung, Färbung und Bau des Protoplasmas. Jena 1899.