B I B L I 0 G R À P H I E 223 Le fait qu'il serait intéressant de noter en terminant, et que les obser¬ vations de l’auteur l’amenèrent à constater, c’est que, contrairement à l’opinion généralement admise jusqu’alors, c'est de plusieurs germes collés entre eux et non d’un seul que se forme une colonie; il en a conclu que la méthode de compter les germes d’après le nombre des colonies, méthode admise dans la bactériologie, est bien peu précise. Savtschenko, prof. Sur le rhumatisme aigu et le microbe d Achalme. (ibid. t. V, p. 558). C’est M. Achalme, savant français, qui, il y a un an (1897), a décou¬ vert le microbe provoquant le rhumatisme aigu. M. Savtschenko, dans l'article que nous passons en revue, fait connaître les recherches bactériologiques qu’il fit sur certains cas de rhumatisme aigu. Sur six cas examinés, dans 5 il a fait isoler du sang le microbe typique d’Achalme; il fit l’étude détaillée de ses ca¬ ractères morphologiques et biologiques. Ce microbe se présente sous la forme d'un bâtonnet plus ou moins long, selou les conditions de la croissance; les spores se forment difficilement et se trouvent à l’une des extrémités des ba¬ cilles. Ces derniers se colorent très bien aux couleurs d’aniline et par la mé¬ thode de Gram. Ce microbe étant un strict anaérobie, la première condition pour en ob¬ tenir des cultures est l’absence absolue d'oxygène. Les cultures qu’on obtient en partant du sang humain nécessitent de grandes quantités de ce dernier (%—1 c. c. par tube), parce que le microbe y est peu abondant. L’optimum de température est de 30° â 37"; â 43° il n'y a plus trace de croissance. D’après Savtschenko le milieu qui se prête le mieux à la cultu¬ re du bacille en question est le bouillon, additionné de ya°/„ de lactose; ce bouillon est légèrement acidulé au moyen d’acide lactique et additionné d’un tiers de lait stérilisé. Dans ce milieu il apparaît au bout de 8 à 10 heures une culture abondante; la fermentation lactique a fieu en même temps et le lait se coagule. Le microbe d’Achalme pousse également bien dans l’extrait du tissu musculaire, peut-être' en raison du fait que c’est dans les muscles que se localise de préférence ce microbe. La virulence des bacilles s’affaiblit dans des cultures artificielles; mais ils la recouvrent au moyen de passages successifs h travers les animaux. Tous les animaux de laboratoire, entre autres les pigeons, sont sensibles au microbe du rhumatisme aigu. Ils périssent au bout de 8 à 10 heures à la suite de l’injection sous-cutanée d’un quart de c.c. de culture en bouillon. La même dose de culture, injectée dans le péri¬ toine, est inoffensive pour l’animal, les bactéries y étant englobées par les phagocytes. La dose minimale mortelle dans ce cas est de 5 à 10 fois su¬ périeure à celle des injections sous-cutanées. Quant aux phénomènes locaux qu’on observe ordinairement à la suite d’une injection sous-cutanée, c’est la nécrose des elements différenciés et la chimiotaxie négative à l’égard des leucocytes. M. Savtschenko démontra que les deux phénomènes cités ci-dessus étaient provoqués non par les corps des bacilles eux-mêmes, mais bien par les substances qu’ils sécrètent dans le mi-