Iles alcalis du saug et de la lymphe. Par M. J. M. Sétchénow, professeur de physiologie à l’Université Impériale de Moscou. L’attention des physiologistes dans l’étude de la compensation des pertes matérielles du sang par les substances contenues dans l’intestin, se concentre presque exclusivement sur l'approvisionnement du sang en albumines, en grais¬ ses et en sucre, c'est à dire en matériaux plastiques et combustibles. On sait cependant que le sang n’est pas uniquement un réservoir et un lieu de dépôt pour ces matériaux, qu'il est encore un milieu de respiration intérieure à l’aide du¬ quel se fait l’échange des gaz entre les tissus et l’atmosphère. Aussi l’approvi¬ sionnement du sang en substances nutritives et combustibles n’est-il pas seul à considérer; une autre question se présente, non moins grave: la conservation de la composition du sang au point de vue des fonctions qu’il remplit comme milieu respiratoire, et c’est précisément là que la science a laissé des lacunes qu'il convient de combler. Nous avons lieu de croire que le sang (comme la lymphe) ne cesse de dépenser ses alcalis minéraux, dont le rôle est si impor¬ tant dans l’échange respiratoire de CO,, et cependant la source normale d'où dériveraient naturellement, simplement et sans intermédiaire les matériaux com¬ pensateurs de ces pertes a été négligée jusqu’à ce jour. Pour montrer l'importance de cette question, je veux en exposer tous les points l’un après l’autre. Le rôle des alcalis du sang (principalement de NaCO:1) consiste en ce qu’ils le rendent propre à enlever aux tissus des quantités relativement plus grandes de CO,, même lorsque la tension du gaz est faible, et, par suite, en ce qu’ils empêchent ainsi la stagnation d’un gaz dans le corps, laquelle ne peut être, comme on le sait, que nuisible à l’organisme. Quant à la dépense des alcalis dans le corps, la possibilité en a été dé¬ montrée sur des animaux, ainsi que la manière dont elle s'y produit, par l’in¬ troduction dans le corps de ces derniers d’acides minéraux (essais de Zalkow- sky et ceux de Walter). Ces essais font voir qu'en passant par l’organisme, les acides sont neutralisés presque entièrement par les alcalis et sont éliminés par l’urine sous forme de sels neutres. D’un autre côté, on sait que dans les conditions normales l’urine n’élimine pas d’acides à l’état libre, ce qui fait que les alcalis sont aussi employés ici à la neutralisation des acides qui se forment dans le corps. En conséquence, la dépense normale des alcalis chez l’homme s’expli¬ querait par les faits suivants, généralement connus. La décomposition des al¬ bumines dans l’organisme est accompagnée de formation d’acide sulfurique, dont la plus grande partie est éliminée du corps sous forme de sels. Il en est de même de cette portion de l’acide phosphorique qui est éliminée par l’urine et formée par la décomposition de la leucitine. En outre, pendant la digestion l’absorp-