38 DE L’ORIGINE ET DE LA VALEUR DES GRANULATIONS ÉOSINOPHILES les blancs du sang. Ces considérations ont determine M. le professeur Ognew à me conseiller l’étude de cette question, et c'est par ses indications et ses conseils éclairés que je me suis entièrement laissé guider dans les recherches que j’ai entreprises. Ces dernières ont porté non seulement sur le sang, mais encore sur des organes dans lesquels les cellules éosinophiles se trouvent en grand nombre et où elles semblent aussi prendre naissance. Le premier objet dont je fis choix pour mes recherches fut la couche extérieure du foie de l’axolotl, qui, chez les individus se nourrissant bien, est très riche en cellules éosinophiles. La fixation par les mélanges osmiques me permit d’observer que tous les granules des cellules éosinophiles ne se comportaient pas de la même manière vis-à-vis des matières colorantes. La plupart d’entre eux se teignent au moyen de la safranine à l’égal des nucléo¬ les du noyau; pourtant il existe encore des granules parfaitement semblables par les dimensions et la forme, mais qui, sous l'influence de l’acide osmi- qne, prirent une coloration noire intense; d’autres encore se colorent d'une teinte rouge brun intermédiaire. La première supposition qui se présente à l’esprit est naturellement celle que les granules graisseux pourraient bien provenir des granulations éosinophiles, car il serait difficile d’expliquer par une coïncidence fortuite la présence des granules graisseux précisément dans les cellules éosinophiles. Afin d’élucider cette question, je crus utile de porter aussi mes recherches sur un autre objet, et je choisis la moelle des os de la grenouille très riche en graisse et, en même temps, en cellules éosinophiles dans toutes les saisons, excepté au commencement de l'été. Sur des coupes de moelle fixée au moyen de mélanges osmiques, je pus vérifier mes observations quant à la présence dans les cellules éosinophiles de granules de couleurs noire, rouge et intermédiaire. Sur des préparations fixées sans le secours de l’osmium et soumises à un traitement aussi bref que possi¬ ble par l’alcool et le chloroforme, l'on pouvait apercevoir dans beaucoup de cellules des goutelettes de graisse restées non extraites, il était très facile de s’en convaincre en teignant après coup à l’acide osmique et au bleu de chinoline. On voyait encore, sur ces mêmes préparations, des cellules qui présentaient des formes intermédiaires entre les cellules éosinophiles et les cellules graisseuses typi¬ ques. La figure 5 (pl. IL) nous fait voir une de ces cellules. Elle a une forme annulaire et se rapproche, pour la grandeur, des cellules graisseuses; cependant, elle n’est pas remplie d'une goutte de graisse, mais de granules faiblement co¬ lorés par l’éosine. Dans le champ visuel, on voit encore d’autres cellules éosi¬ nophiles, dont les granules ont atteint une grandeur extraordinaire et qui se colorent faiblement par l’éosine. L’hypothèse d’une transformation de la sub¬ stance éosinophile en graisse a donc encore été confirmée par le fait de la transformation de la cellule éosinophile en cellule graisseuse. Chez les animaux à sang froid, on ne réussit pas à exciter une fonc¬ tion plus énergique de la moelle des os expérimentalement, si l’on s’écarte des conditions vitales ordinaires, ou si la saison n’est pas propice. Je me vis donc obligé de me servir pour mes recherches de la moelle des os des animaux à sang chaud (chiens, lapins, cochons d Inde, chats, rats, mou¬ tons et singes). J'ai opéré en partie dans des conditions purement physiolo-