86 PE l’origine et PE la valeur DES GRANULATIONS éosinophiles la graisse et que les autres se coloraient par le carmin et pouvaient être com¬ parées aux corpuscules vitellins des cellules lymphatiques des écrevisses et des jeunes globules rouges du sang des embryons. Mais c'est avec les travaux d’Ebrlicb, publiés près de 1880. que le problème des granulations des globu¬ les blancs du sang, de leur origine et de leur valeur, vit s’ouvrir une nouvelle ère. Cet observateur créa la méthode généralement acceptée aujourd’hui et grâce à laquelle les recherches sur le sang s’exécutent avec une simplicité et une facilité jusqu’alors inconnues. L’application aux granulations de l’analyse tinctoriale> (Farbanalyse) permit en même temps de parler non seulement de leur grandeur, mais encore de leurs propriétés chimiques. Les granulations plus grosses et fortement réfringentes, dont nous avons parlé plus haut, furent appelées par Ehrlich granulations éosinophiles ou a (aussi oxyphiles). et il leur fut bientôt attribué un rôle prépondérant entre tous les autres granu¬ les. Ehrlich en démontra l’existence chez tous les vertébrés, et désigna la moelle des os connue le lieu d’origine probable de ces granulations. De plus, il leur attribuait un rôle clinique important, croyant que, grâce à eux, il de¬ viendrait possible de tirer des conclusions importantes tant pour la diagnose, que pour la prognose des maladies. Pendant les vingt années écoulées depuis la publication des premiers travaux d’Ehrlich, le nombre des observations faites d’après sa méthode sur les granulations en général et les granulations éosinophiles en particulier, atteignit un chiffre considérable. L’on ne saurait affirmer cependant que les résultats obtenus fussent très positifs et de nature à ajouter des données im¬ portantes aux thèses posées par Ehrlich lui-même. Comme on le sait, Ehrlich avait avancé, que la substance des granulations éosinophiles n’était «ni de 1 hémoglobine, ni de la graisse, ni, selon toutes probabilités, une substance albuminoïde». Quelques-uns des auteurs qui Font suivi, tels que Weiss, Zappert, Siawzillo, se sont prononcés pour la nature albu¬ minoïde. D’autres persistent à considérer ces granulations comme proches parentes de l'hémoglobine (Pouchet, Sommer. Hayem). Les histologistes anglais (Hankin, Kanthack & Hardeyj sont d’avis que les granulations éosinophiles renferment des alexines et, pour cette raison, donnent aux cellules éosinophiles le nom d'alexocytes. Ils pensent que le rôle de ces cellules est de se pré¬ senter les premières aux endroits où l’infection pénètre dans l'organisme, d'y sécréter leurs alexines et d’exercer sur les microorganismes pathologiques une action bactéricide. Enfin, tout récemment, Sakharoff a émis l’opinion que lus cellules éosinophiles se forment par phagocytose de la manière suivante: les noyaux en voie de désagrégation qui sortent des globules rouges du sang sont absorbés par les leukocytes, et les nucléoles de ces noyaux se transforment en granules éosinophiles. L’analogie que cet auteur a observée entre la para- nucléine et 1 hémoglobine lui fait aussi regarder les granulations éosinophiles comme une substance très voisine de l’hémoglobine. Quant au processus de formation de ces granulations dans la cellule. Ehrlich les considère comme «le produit d’une activité sécrétoire particulière de la cellule», ce produit prenant naissance de la même manière que, p. ex., le glycogène. Arnold, tout au contraire, croit que les granulations éosinophiles,