RÉDIGÉ PAR M. Léon Mûrokhowetz, Professeur de physiologie à l’Université Impériale. MOSCOU. Vol. I. 23 Avril 1898. N°N° 3—7. De l’origine et de la valeur des granulations éosinophiles et de leurs rapports avec la formation du sang. Par M. le Dr. N. Bogdanoff, de l’Institut histologique de l’Université Impériale de Moscou. Les globules blancs du sang, découverts par Hewson en 1774, ont acquis aux yeux des observateurs, depuis le perfectionnement des méthodes de re¬ cherche à l'aide du microscope, une importance extraordinaire, tant pour la physiologie que, surtout, pour la pathologie. Ainsi s’accomplissent les prévi¬ sions de Virchow qui, en 1845, par ses travaux sur la leukémie, jeta les fondements de l'hématologie clinique contemporaine et prédit le rôle im¬ portant qui appartiendrait un jour en pathologie aux globules blancs du sang. Presqu’à la même époque Wharton Jones observa dans le protoplasma des globules blancs du sang des granulations, les unes plus grosses, les autres plus fines, et se servit de ce trait distinctif pour diviser les leukocytes en glo¬ bules grossièrement granuleux et en globules finement granuleux. Depuis lors, la plupart des auteurs qui ont écrit sur le sang ont aussi fait mention des granulations dans le protoplasma des leukocytes (M. Schulze, Rindfleisch etc...) et surtout d'une espèce de granulations se présentant sous la for¬ me de granules assez grands, réfractant fortement la lumière, ressemblant à de la graisse et, selon quelques auteurs, légèrement jaunâtres. Des hypo¬ thèses ont aussi été émises relativement à leur valeur, en ce sens surtout qu’on les prenait pour de la graisse ou pour une substance s’en appro¬ chant. Toutefois, Ranvier avançait déjà avec beaucoup d’assurance que tou¬ tes ces granulations n'étaient pas de même nature, que les unes étaient de