L’iiémine en rapport avec î’alcool et quelques bases. Par M. M. Chalféïeff, Professeur de chimie physiologique à l’Université Impériale de Varsovie. Commencées en 1884, nos recherches ont porté sur la substance connue sous le nom d’hémine ou de cristaux de Teichmann. En 1885 nous proposions un procédé d’obtention de l’hémine en grand. (Journ. de la Soc. russe de phys. et de chim. XVII, 35). L’année dernière nous introduisions dans ce procédé une nouvelle condition que nous avons jugé devoir favoriser de beaucoup la for¬ mation et la séparation des cristaux, savoir l’addition à l’acide acétique d’une certaine quantité de NaCl, Grâce à ce dernier le rendement de 1 hémine est augmenté et, ce qui est surtout important, cette substance devient absolument stable (Journ. de la Soc. russe de phys. et de chimie, XVII, b). L’énumération de ces dates ne nous paraît pas superflue par le fait meme qu’en 1884 MM. Nentzki et Sieber (Ber. d. d. chem. Ges. XVII, 2467) avaient également obtenu une matière cristalline, à laquelle ils donnèrent le nom d’hé¬ mine, en traitant par un mélange d’alcool amylique et d’acide chlorhydrique le sédiment des globules du sang ayant subi un traitement particulier. Or, l’identité de la matière cristalline de MM. Nentzki et Sieber et de l’hémine ne nous semble guère prouvée. L’inconstance dans les quantités du rendement, démontrée également par les recherches de h année dernière de M. Kister (Ber. d. d. chem. Ges. XXVII, 572), ainsi que sa mininalité, au moins cinq fois moindre que la nôtre, ne parlent généralement pas en faveur de la méthode des observateurs que nous avons cités. Une particularité caractéristique de l’hémine et qui rend les recherches sur cette matière extrêmement difficiles, c’est qu’elle ne se dissout complète¬ ment dans aucun des dissolvants connus sans que la constitution en subisse une profonde altération. On sait que l’iiémine se dissout entièrement dans les solutions aqueuses des alcalis qui se combinent à la substance appelée Imma¬ ture, mais on ne parvient pas à en obtenir de nouveau de l’hémine. Les so¬ lutions alcooliques agissent d’une manière différente. C’est en traitant l’hémme par une solution d’ammoniaque dans de l’alcool absolu que nous eûmes l’occasion en 1885 (Journ. de la Soc. russe de phys. et de chim. XVII, 35) d’observer un, phénomène qui contribue puissamment à faire comprendre la constitution de l’hémine et explique peut-être aussi la façon particulière dont elle se com¬ porte vis-à-vis des dissolvants. L’extraction de la matière colorante de l’hémine par l’ammoniaque alcoolique s’étant produite vivement, il reste des carcasses incolores de cristaux qui, tant que la dessication n’a pas en lieu, conservent parfaitement leur forme. La matière colorante se sépare promptement de sa solution sous forme de paillettes allongées à bouts pointus. Ces cristaux ne se dissolvent plus dans l’ammoniaque alcoolique de quelque quantité qu'il s’agisse,