LANGAGE. 887 centre que Wilbrand place à la face externe du lobe occipital. Enfin un centre psychi¬ quement supérieur, mnésique, se trouverait pour Henschen dans la région supéro- postérieure du gyrus angularis. Cliniquement, on distingue une cécité verbale avec hémianopsie, rarement pure, le plus souvent accompagnée d’aphasie sensorielle, par lésions du lobe occipital étendues à la zone de Wernicke,—une cécité verbale pure avec aphasie par lésion isolée du pli courbe (Dejerine), — une cécité verbale pure (aphasie sensorielle sous-corticale) par destruc¬ tion des faisceaux d’association unissant le pli courbe gauche à la zone visuelle géné¬ rale, c’est-à-dire par lésions du corps calleux, du faisceau longitudinal inférieur, de la couche sagittale du lobe occipital. Des recherches récentes de Quensel et de Mingazzini représenteraient également le gyrus temporalis transversus comme une des zones les plus importantes du langage; ce gyrus recevrait des fibres de projection acoustiques et donnerait naissance à des fibres d’association avec la zone visuelle verbale. L’articulation verbale. — Le centre moteur de l’articulation des mots est localisé depuis Broca au pied de la troisième frontale gauche chez les droitiers. Un certain nombre d’auteurs, de 1861 à 1906, date à laquelle la question de la spécificité du centre de Broca s’est trouvée nettement posée par Pierre Marie, se sont efforcés de préciser ses limites : les uns ont voulu l’étendre en avant jusqu’au milieu, ou au tiers antérieur de la troisième frontale; les autres l’ont voulu prolonger en arrière et ont englobé l’insula dans le centre de Broca. Les connexions de ce centre sont deä plus importantes; ce sont elles, plutôt que ses limites précises, qui nous intéressent au point de vue physiologique. Elles permettraient en effet, selon les doctrines classiques, la coordination des mouvements nécessaires à la traduction de la pensée en mots articulés. — Le centre^de Broca se trouve en relations au premier plan avec le pied de la frontale ascendante où se trouvent les centres corti¬ caux des muscles du larynx, de la langue et des joues, au second plan avec les centres bulbo-protubérantiels du trijumeau, du facial, du glosso-pharyngien, du pneumogas¬ trique, du spinal et de l’hypoglosse ; il existe en effet entre les mouvements de la déglu¬ tition, de la respiration, de la mimique, du chant, du sifflement et ceux de l’articulation verbale des connexions des plus nécessaires et des plus étroites. La destruction du centre de Broca détermine les accidents suivants (aphasie de Broca), accidents plus ou moins intenses selon l’étendue et l’ancienneté des lésions. Le langage articulé se trouve plus ou moins complètement aboli, réduit fréquemment à quelques syllabes, un ou deux mots, un fragment de phrase, une suite de sons dépourvus de sens. L’audition verbale est atteinte de façon variable. L’écriture présente le plus souvent d’importantes altérations par perte de la notion des mouvements nécessaires à l’art d’écrire ou par rupture des systèmes d’association soit entre les images motrices d’arti¬ culation et les images motrices graphiques, soit entre celles-ci et le centre auditif. Puis, étant donnée la dépendance fonctionnelle étroite des centres, la simple altération des images motrices verbales peut, chez certains individus peu instruits, ayant besoin pour lire d’ânonner sur le texte en épelant les mots, entraîner une suppression non seule¬ ment de la lecture à haute voix, mais aussi de la lecture mentale. Lorsque les voies centrifuges du centre de Broca sont détruites, le trouble moteur existe seul; le malade peut alors comprendre le langage écrit et parlé,écrire lui-même spontanément, sous dictée ou en copiant; il ne peut en revanche articuler spontané¬ ment ni répéter les phrases qui lui sont dites. Cette aphasie motrice pure ou sous- corticale dépendrait d’une lésion de la substance blanche sous-jacente au pied de la troisième frontale. Enfin le centre de Broca, tout en se trouvant en relation étroite avec la sphère visuelle, est tout particulièrement contrôlé par le centre auditif. On sait que la lésion de ce der¬ nier, véritable centre d’arrêt, provoque du verbiage et de l’incohérence de la parole. Pour Flechsig même, nous l’avons déjà mentionné, ce serait l’écorce du gyrus angularis qui formerait les mots avec les lettres et relierait les images syllabiques acoustiques et optiques avec les images motrices d’articulation à haute voix. La rupture des voies d’association isolerait le centre de Broca, permettrait avec la suppression du langage spontané la conservation du langage répété. Pour certains auteurs ce syndrome dépendrait soit de la rupture des voies d’association sensori-