558 CERVEAU. surtout un grand anatomiste.il avait beaucoup disséqué ('HpoçiXovyàp rcoXXà ava0ETf«ixoTa), dit Galien (De la meilleure secte, n), qui associe au nom d’HÉROPHiLE celui d’EuDÈME, et qui professe une admiration sans borne pour les écrits de ces savants sur la « dissection des nerfs » (Des lieux affectés, ni, xiv). Pour ne rappeler que ce qui, dans les découvertes d’HÉROPHiLE, a trait à la structure et aux fonctions du cerveau et du système nerveux central, Hérophile, qui connaît les nerfs, non sans les confondre encore avec les ten¬ dons et des ligaments, les distingue en nerfs de mouvement et nerfs de sentiment; les nerfs tirent leur origine de l’encéphale et de la moelle épinière. « Si l’on en croit Héro¬ phile, a écrit Rufus d’Ephèse, il y a des nerfs du mouvement volontaire qui provien¬ nent de l’encéphale et de la moelle dorsale (<xtco tou lyzsçaXou xal vamatou [aueXoÛ), d’autres qui vont s’insérer, ceux d’un os sur un autre os (ligaments), ceux d’un muscle sur un autre muscle (aponévroses), d’autres enfin qui attachent les articulations (tendons). » (Anat. des parties du corps, Œuvres, éd. Daremberg et Ruelle, p. 185.) Outre l’origine des nerfs et la structure de l’œil, cet anatomiste a décrit le calamus scriptorius, les plexus choroides (pj'vtyya yopioEiSfj) qui tapissent les ventricules, les sinus veineux de la dure-mère, et le torcular ou pressoir d’HÉROPHiLE. Les lieux du cerveau qu’il a le plus étudiés sont, on le voit, les ventricules : il y localisait l’âme (év xaiç tou ÉyzEçdXou xotXlatç), en particu¬ lier dans le quatrième ventricule ou ventricule du cervelet (Galien, de Hist, philos. Kühn, xix, 315 ; Utilité des parties, vin, xi). Les forces régulatrices de la vie étaient, pour Hérophile, les forces nutritive, calorifique, sentante et pensante, auxquelles il donnait pour substratum, le foie, le cœur, les nefs et le cerveau. Legrand contemporain d’HÉROPHiLE, Érasistrate, qui tout en distinguant, lui aussi, des nerfs de sensibilité et de mouvement, n’échappa point toujours à la confusion que nous avons signalée, crut d’abord que les nerfs tirent leur origine de la dure-mère, parce qu’il les en avait vus sortir. Plus tard, après avoir fait des dissections plus exactes, il re¬ connut que les deux classes de nerfs naissent de la matière médullaire du cerveau. Dès lors le principe des nerfs fut, pour Érasistrate, non plus les méninges, mais le cerveau. Il décrivit le cerveau et le cervelet, les circonvolutions, les ventricules. La plus vieille histoire scientifique du cerveau nous a sans doute été conservée en une page magistrale d’ERAsiSTRATE qu’on lit dans Galien (De Hippocr. et Plat, plac., VII, m, Künh, 600) : Chez l’homme, disait Érasistrate, comme chez les animaux, le cerveau est double; il ressemble à l’intestin jéjunum et présente beaucoup de replis (xal o’syxÉipaXo; 7uapa7iXr5aio<; âv vtjotei xal 7eoXu7uXoxoç) ; mais beaucoup plus encore que le cerveau, le cervelet présente des cir¬ convolutions variées. Le ventricule s’étend en longueur jusque sous le cervelet (rj ÈJtEy- xpaviçl. Parmi les animaux, le cerf, le lièvre, et si quelque autre est plus rapide encore, sont pourvus de ce qui leur est utile pour courir, et de muscles, et de nerfs. « De même, comme l’homme surpasse de beaucoup les autres animaux par son intelligence, il a le cerveau le plus circonvolutionné. » Outw xal av0pcu7toç exeiSt] töv Xoi7rwv ÇuSwv tioXù tw oia- voEtaôai îcêpfetm, r.okl» tout’ sera r:oXÜ7uXoxov. Du cerveau sortent tous les processus des nerfs (a7toçpuoEiç Töv vEiSpwv). Bref, l’encéphale paraît être le principe ou l’origine des nerfs du corps. Les sensations qui proviennent des narines, des oreilles, gagnent le cerveau. Des processus ou nerfs émanant du cerveau se portent aussi à la langue et aux yeux. Le pneuma qui, introduit par la respiration, passe des veines du poumon dans les artères, devient, dans le cœur, l’air vital (nveup-a Çuraxov), dans le cerveau, l’air psychique (rvEup-a (Lûywov) (De Hippocr. et Plat, plac., II, vin). Dans la secte médicale des Pneumatistes, chez Arétée comme chez Athénée d’Attalie, en Cilicie, au Ier siècle, le pneuma, on le sait, joue un rôle capital dans tous les processus de la vie. Sur la limite du ier et du iic siècles, au temps de l’empereur Trajan, Rufus d’Ephèse décrivit avec une rare précision l’état des connaissances sur la structure et les fonctions du cerveau. Dans l’intérieur du crâne est conteuu l’encéphale, plus volumineux, eu égard aux corps, chez l’homme que chez les autres animaux. Des deux méninges, l’une plus épaisse, plus résistante, adhère aux os du crâne; elle a un mouvement analo¬ gue à celui du pouls (<j?uyp.ixws xivsîTai) ; l’autre, plus mince, est étendue sur l’encéphale. Ges deux enveloppes sont nerveuses (c’est-à-dire fibreuses, vsupoSSEiç) et membraneuses; elles jouissent d’une certaine sensibilité (iroaijv te al'a07]aiv ïyouaai) et présentent un entre¬ lacement de réseaux. La surface supérieure du cerveau est pulpeuse et visqueuse; ses renflements et ses anfractuosités lui ont fait donner le nom de variqueuse (xipaoEt8sç) ;