CORPS BIRÉFRINGENTS DE l’oEUF. 535 des résultats analogues. M. Moral et moi nous mélan¬ geâmes un jour à une masse de vilellus quelques centi¬ mètres cubes d’une solution concentrée de baryte; le len¬ demain, il y avait dans la profondeur et surtout à la surface du mélange, un nombre immense de corpuscules polari¬ sants plus petits que ceux de l’œuf et de forme moins régu¬ lièrement sphérique. L’albumine d’œuf bie~ pure, traitée de la môme manière, nous a donné des corps d’une régu¬ larité parfaite présentant les croix avec les anneaux isochro- matiques et les couleurs de la polarisation lamellaire. La vitelline, la sérine se comportent comme l’albumine. Toutes les substances albuminoïdes ou collagènes (gélatine, os- séine), mélangées à la solution de baryte, se recouvrent d’une pellicule exclusivement formée de ces sphérules pola¬ risantes. D’autres bases que la baryte et la chaux, d'autres sels que les carbonates, présentent, au degré près, les mômes phénomènes. En résumé, nous avons vu que le plus grand nombre, sinon la totalité, des principes azotés de l'organisme peu¬ vent, sous l’iniluence des sels alcalino-lerreux, fournir des corpuscules biréfringents. Arrivés à ce point de notre recherche, nous voyons que notre problème a complètement changé de face. La ques¬ tion est pour ainsi dire renversée : il semblait difïicile au début de trouver une substance de l’œuf qui offrit le phéno¬ mène de la croix ; maintenant au contraire, il serait difficile d’en trouver une qui ne le présentât point. L’embarras est de choisir parmi ces malièrés celle qui entre véritablement dans la composition des corpuscules décrits, et 'd’éliminer les autres. Un moyen précieux d’élimination se présente. Les com¬ poses alcalino-terreux de la vitelline et des autres albumi¬ noïdes sont insoluolcs dans l'alcool et dans l’éther, et ce