ÉCONOMIE DU TRAVAIL MOTEUR. 7 tiné à imprimer au corps une certaine vitesse, l’énergie de l’effort est réglée sur les résistances actuelles ; s’il se produit un accroissement subit de ces résistances, ce changement met l’effort musculaire hors de proportion avec le nouveau travail qu’il doit effectuer, et le place dans les conditions d’utilisa¬ tion incomplète dont nous venons de parler. La nature a recours précisément à l’élasticité pour utiliser, à l’intérieur des muscles, les forces motrices qui s’y engendrent presque instantanément par des espèces d’explosions dont la durée est à peine de 3 à 4 centièmes de seconde. Placer une élasticité entre nos efforts musculaires et les masses qu’ils doivent mouvoir, c’est imiter le procédé de la nature pour la meilleure utilisation de l’action essentielle¬ ment intermittente des muscles. De la mcillenre utilisation du travail extérieur des moteurs intermittents. Des considérations du même ordre que celles que nous venons d’exposer portent à croire que le travail extérieur fourni par des moteurs intermittents se trouve dans de mau¬ vaises conditions pour être entièrement utilisé. Ici la démons¬ tration n’emprunte plus rien à la physiologie ; elle est du ressort de la mécanique pure. Chaque fois que notre corps animé de vitesse vient se heur¬ ter par l’intermédiaire de la courroie rigide contre la résis¬ tance de la voiture, une force vive empruntée à notre propre masse tend à se communiquer à la masse à déplacer. Or, il est facile de démontrer, par une expérience très-simple, que la totalité du travail qui correspond à cette force vive ne sera pas employée au déplacement du véhicule. La figure 1 va nous montrer comment une force vive s’éteint dans un choc, tandis qu’elle se transforme en travail lorsque le choc est supprimé. Sur un support solidement établi est adapté une sorte de fléau de balance dont l’un des bras porte une sphère du poids de 100 grammes, tandis qu’au bout de l’autre bras une petite sphère pesant 10 grammes est suspendue par un fil solide