SIEGE M0 assiegeants, la nuitf, plus de vingt mineurs descendent dans le fosse pour percer la muraille; ils parviennent a en faire tomber trois toises; mais aussitot les gens du chäteau apportent de gros troncs d'arbres, ele- vent un hourdage en dedans du mur ecroule, etc. Il est necessaire peut-etre de presenter avec plus de precision ces dernieres operations d'un siege regulier au XIIIÜ siecle. Reunissant donc les divers documents ecrits qu'on possede, les figures epars dans les manuscrits ou bas-reliefs, et surtout les restes, soit des forteresses atta- quees, sur les points d'attaque, soit des ouvrages eleves par des assaillants, on peut prendre une idee assez exacte des travaux considerables que necessitait la prise d'une place forte bien defendue. Dans les fortifications du xme sieele, les tours sont espacees entre elles de 50 rnetres au plus, dest-ä-dire de la portee droite d'un carreau d'ar- balete. Les fosses ont de 10 2115 metres de largeur, s'ils sont remplis d'eau, quelquefois plus, s'ils sont secs. La hauteur des courtines, du sol du cre- nelage au niveau de la crete de la contrescarpe, varie de 8 Z1 12 metres. Les tours dominent toujours les courtines. Il arrive que les courtines atteignent une hauteur plus considerable, mais cela est rare 2. Quand on attaquait une enceinte batie dans de bonnes conditions, bien ilanquee, munie de hourds, garantie par des fosses, on choisissait un saillant, ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui; mais le point de l'attaque, celui oü l'on voulait faire breche et livrer l'assaut, ctait rarement une tour. Les tours etaient fermäes il la gorge; les mineurs qui parvenaient a y penetrer s'y trouvaient entoures, et devaient percer l'autre partie du cylindre pour s'introduire dans la ville. On dirigeait donc l'attaque perpendiculairement a une courtine entre deux tours. Il fallait alors detruire les flanquements de cette courtine, cfest-a-dire les defenses des tours a droite et ä gauche. Les barbacanes et les lices prises, la garnison enfermee dans la defense principale, la place investie, on cheminait par des tranchees jusqu'a la eontrescarpe du fosse. Gomme les tours avaient des commandements considerables, il fallait defiler les tranchees par des epaulements et des Vers 2928 et suiv. : n Au soir, quant 'li jors fu salis, c Quül furent las cl la nuis vint, x Vinrent li mineur plus de m As fossäs, por le mur pcrcier, a As hordons et as pius d'acier. u Si sont del mur mult aprociä, x Qu'il lHmt en pluisors lius hlecid a E! csfondrri. Icele nuit u Qui qu'il cn poist, ne qui danuil, a 'I'ruis loisses en ont abalu. 2 ll n'est question ici que des enceintes. Dans les chätcaiw, les courtines auxquelles etaient adosses des bätimeilts dlaient parfois beaucoup plus eleväes; mais les defenses des chüteaux präsentenl; des dispositions plus varidcs que celles des enceintes de villes.