[ SIIÜJGE 1 390 - cesse les sorties des gens de Toulouse le contraignent a passer le fleuve pour secourir le premier camp. Il s'apercoit enfin que ses troupes sont trop mal protcgees, qu'elles n'ont, sur une longue ligne d'investissement, qu'un seul point d'appui, le chateau Narbonnais. Devenu maitrc de la tete du pont, apres que celui-ci a ete enleve par la crue de la Garenne, il se decidc a convertir Yhopital qui Yavoisine en une forteresse, a avec liees et ereneaux, mur de defense, palissades u exterieures, abatis d'arbres, profonds fosses tout autour remplis u d'eau n. Du cote du fleuve, le comte projette une levee de terre qui lui permettra de lancer des projectiles sur les barques qui viennent approvisionner la ville; du cote de la Gascogne, il jettera un pont sur le fosse avec escalier. Cependant voici les nautoniers et les bourgeois de Toulouse qui traversent la Garenne sur des barques et viennent com- battre les ouvriers, les defenseurs de la tete du pont. Toute l'attaque et la defense se portent sur ce point. La partie du pont tenant encore a la ville est munie d'une tour, les Francais s'en emparent; les Toulousains Passaillent par eau, par terre. Au bout du pont, du cote de la ville, ils ont dresse une pierriere qui bat si bien cette tour restee en lleche, que les gens du comte sont obliges de l'abandonner et y mettent le feu. Une autre fois, voici cent soixante-trois Brabancons et Thiois qui, sortant de Toulouse, passent le fleuve et vont attaquer les postes des Franqais etablis le long de l'eau. Les prenant E1 revers, ils les jettent dans la Garenne et s'en reviennent dans leurs bateaux. Dans les parlements que tient le comte de Montfort avec les seigneurs croises, il se plaint sans cesse de la penurie d'argent ou il se trouve; il les adjure de brusquer ce siege. u Mais, lui repond un jour Amaury, a vous n'attaquerez jamais les defenseurs de la ville tant de fois en un a jour que vous ne les trouviez hors des lices, en pleine campagne, et a jamais vous ne les enelorez dans la cite. n La gate est enfin terminee. On la pousse vers les remparts; elle est si fort endommagee par les projectiles des trebuchets des assieges, que les gens qui la remplissent n'osent s'y maintenir. Alors, devant cet engin que gardent les assiegeants pour pouvoir le reparer et s'en servir avec plus de succes, les Toulousains elevent dans les lices un rempart epais en maconnerie. Les femmes, les enfants "travaillent sans relaehe a cette (euvre pendant que les Francais font decliquer leurs machines et envoient force pierres et traits. On a renforce la gate, on l'a munie de nouveaux ferrements; les com- pagnies de chevaliers y sont rentrees. Devant elle les defenses se sont augmentees en face, en flanc; elles sont merveilleusement garnies d'hommes armes. Les fosses sont defendus par des palissades; en arriere, les murs sont proteges par des hourds nouvellement dresses. Des deux cotes on se prepare a une action decisive. Les gens de Toulouse com- mencent l'attaque : ils sortent de toutes parts contre la gaie; en bateaux, contre les defenses de la rive gauche; a la plaine de Montolieu, contre