[ SIEGE 1 386 leur tendent Feveque et Fabbe de Saint-Sernin. Ils viennent a composi- tion, livrent des otages, et le comte met la ville au pillage, la detruit presque entierement. Bientotle jeune comte Raymond reparait sur la scene, et rentre la nuit dans sa ville. Le peuple, plein de joie de recouvrer son seigneur legitime, massacre les postes francais. Cependant il n'y a plus a Toulouse ni tour, ni galeries, ni murs, ni breteches, ni portes, ni barrieres, ni armes. Les Francais se sont refugies au ehateau Narbonnais, dont ils n'osent sortir, tant ceux de la ville se rendent redoutables. La comtesse de Montfort est enfermee dans le chateau, avec son fils, car le comte guerroie en Pro- vence. Elle lui envoie un messager; siil tarde a venir, il perdra a la fois Toulouse, sa femme et son fils. Les hommes de Toulouse occupent la ville; ils elevent des barrieres, forment des lices, des traverses, des hourds avec archeres, des passages obliques bien defiles. Tous, bourgeois, manants, valets, femmes, filles, enfants et serviteurs, travaillent a l'envi a fortifier la ville, creusant des fosses, elevant des palissades et des breteches. Des flambeaux, la nuit, eclairaient les ouvriers. Les clochers des eglises sont ereneles. Le comte designe des capitouls pour gouverner la ville. Gui de Montfort, le frere du comte Simon, arrive bientot avec une nombreuse troupe. Il se presente au val de Montolieu, la ou les murs anciens ont ete rases. a A terre, francs chevaliers l crie-t-il aux siens. Aussitot, abandonnant leurs chevaux, coupant leurs lances, les cheva- liers attaquent les gens de Toulouse; ils penetrent jusqu'au milieu de la ville. Mais assaillis de tous cotes, accables sous les tuiles qu'on fait crouler sur leurs testes, embarrasses dans les barricades, eperdus, sepa- res, les hommes d'armes de Gui, ayant laisse bon nombre des leurs par la ville, se retirent au jardin de Saint-Jacques, ayant abandonne lOLIPs bagages. Arrivent de tous cotes des renforts aux Toulousains. Le comte Raymond exhorte ses barons a aux fatigues, aux privations, aux travaux, aux guets a aux taches communes n. Devant la garnison enfermee dans le chateau Narbonnais selevent comme par enchantement, des remparts, des tours; se creusent des fos- ses avec palissades de pieux aigus. Sur ces entrefaites, le comte de Mont- fort arrive de Provence, plein de rage, et jurant de faire de Toulouse un desert. La ville de Toulouse, batie sur la rive droite de la Garenne, etait reliee par un pont au pays de Gascogne, de Gomminges et de Foix. Son perimetre n'avait pas Yetendue qu'il acquit depuis lors. Vers le nord, l'enceinte s'appuyait a un ouvrage bati sur la Garenne, et qui s'appelait le Bazacle ou la tour du Bazaele; se dirigeait vers l'est en passant par la place du Capitole actuel, et retournait vers le sud en lon- geant l'abside de Yeglise cathedrale de Saint-Etienne; descendait au sud-ouest, suivant la rue Mountoulieu actuelle; puis, a la hauteur (10