[ SCULPTURE 1 1711 tires de ces grands ensembles, afin de faire apprecier leur valeur abso- lue. Il est temps de montrer comme la statuaire sait se reunir a sa soeur, l'architecture, dans ces edifices du moyen age. C'est au XIIIÜ siecle que cette reunion est la plus intime, et ce n'est pas un des moindres merites de l'art de cette epoque. Dans les monuments de Fantiquite grecque qui conservent les traces de la statuaire qui les decorait, celle-ci ne se lie pas absolument avec "l'architecture. L'architecture Pencadre, lui laisse certaines places, mais ne se mele point avec elle. Ce sont des metopes, des frises d'entable- ments, des tympans de frontons, des couronnements ou amortissements, pris entre des moulures formant autour d'eux comme une sorte de ser- tissure. L'architecture romaine, plus somptueuse, laisse en outre, dans ses edifices, des niches pour des statues, de larges espaces pour des bas-reliefs, comme dans les arcs de triomphe par exemple. Mais, a la rigueur, ces sculptures peuvent disparaitre sans que l'aspect general du monument perde ses lignes. L'alliance entre ces deux arts est bien plus intime pendant le moyen zlge. Il ne serait pas possible, par exemple, d'enlever des porches de la cathedrale de Chartres la statuaire, sans supprimer du meme coup l'ar- chitecture. Dans des portails comme ceux de Paris, d'Amiens, de Reiins, il serait bien difficile de savoir ou finit l'oeuvre de l'architecte et ou commence celle du statuaire et du sculpteur d'ornements. Ce principe se retrouve meme dans les details. Ainsi, compose-t-on un riche sou- bassement sous dcs rangees de statues d'un portail (lesquelles sont elles- memes adherentes aux colonnes, et forment, pour ainsi dire, corps avec elles); ce soubassement sera comme une brillante tapisserie ou les com- partiments geometriques de l'architecture, ou la sculpture d'ornement et la statuaire seront lies ensemble comme un tissu sorti de la meme main. C'est ainsi que sont composes les soubassements du grand portail de Notre-Dame d'Amiens; tels sont ceux des ebrasements des portes de l'ancienne cathedrale d'Auxerre, qui datent de la fin du une siecle, et beaucoup d'autres encore qu'il serait trop long dkinumerer. Entre ces soubassements, ceux d'Auxerre sont des plus remarquables. Les sujets sculptes sont pris dans l'Ancien et le Nouveau Testament. On y voit la Creation, l'histoire de Joseph, la parabole de l'enfant prodigue. Ce sont des bas-reliefs ayant peu de saillie, tries-habilement agences dans un reseau geometrique de moulures et d'ornements. L'aspect general, par le peu de relief, est solide, brillant, vivement senti; les sujets sont traites avec une verve sans egale. La figure 26 est un fragment de soubassement tapisserie, representant l'histoire de l'enfant prodigue. Dans les compartiments en quatre lobes A, on voit l'enfant prodigue-au milieu de femmes, se baignant et banque- tant. Le medaillon 26 est la moralite de ces passe-temps profaneS- UIIG femme allaite deux dragons. Cette figure, qui n'a guere que A0 centimätfeä de hauteur, est d'un style charmant, d'une execution excellente. Elle a etc