475 [ POTEAU ] vation. Ces poteaux, non plus que les poitrails, ne presenlent pas de gereures, ils semblent tailles dans une matiere homogene. Pour que des bois d'un aussi fort equarrissage pussent subir, sans se gGPPÄBP, les variations de la temperature, il fallait qu'ils fussent purges de leur seve par un moyen quelconque, et approvisionnes tres-longtenips avant, leur emploi. Cette meme observation peut s'appliquer aux poteaux de nos maisons et halles datant de quatre cents ans. Il est bien rare que dans ces pieces de bois on signale une gercure 1. On entend par poteau cornicr, une piece de bois verticale qui fait l'angle de deux pans de bois se retournant d'equerre, et dans laquelle viennent s'assembler les sablieres. Les poteaux corniers doivent elre pris, autant que faire se peut, dans un seul brin, atin de presenter une parfaite rigidite. La piece A, (fig. 3), est un poteau cornier. Des repos, outre les mortaises, recoivent les extremites des sablieres des plan- chers. Ges poteaux corniers sont habituellement. faconnes avec soin, ornes de sculptures, de profils, de statuettes, choisis dans les plus beaux brins et. les plus sains. Nous avons montre plusieurs de ces pieces de charpente dans les articles MAISON et PAN ne Bols; il parait donc inutile de nous etendre plus longtemps sur leur fonction et leur forme. On voit encore des poteaux corniers bien travailles dans quelques maisons de Bouen, de Ghartres, de Beauvais, de Reims, d'Angers, d'0rleans, de Sens. Il en existe un encore, representant un arbre de Jesse, a l'angle d'une maison de la rue Saint-Denis, a Paris, qui date du commencement du xvit siecle. Quelquefois, dans les chateaux des Xlll" et xivt siecles notamment, les solives des planchers ne portaient pas dans les murs, mais sur des lambourdes epaisses soutenues de distance en (lislance par des poteaux zidosses au parement interieur de ces murs. (Yelait un moyen (Peviter la pourriture, qui trop souvent se manifeste dans les portees des solives penetrant la maconnerie, et de permettre d'elcver les murs sans se preoccuper (l'y scellerles solivages. Ainsi couvrait-on le batiment. et posait-on les planchers sans craindre de les laisser mouiller ; ce qui est un point capital, si l'on veut eviter la deterioration des bois et les gereures. Les poteaux adosses aux murs avaient encore cet avantage de permettre d'attacher les lambris de menuiserie et les tapisseries en laissant un isolement [l'es-favorable a leur parfaite conservation. D'ailleurs, si l'on eut voulu n'habit.er ces chateaux, dont les murs ont. souvent plus de 2 metres depaisseur, que quand les maconneries eussent ete seches, il eüt fallu attendre plusieurs annees. L'isolement laisse entre les murs et les boiseries ou tentures permet- tait de s'installer dans ces demeures sans avoir a redouter les funestes effets produits par 165 ITIRQOHHGPieS fraiches surla saute. Il y avait donc plusieurs bonnes raisons pour poser des planchers sur des poteaux adosses, et nous recommandons cette methode aux architectes qui batissent des habitations de campagne, ou la place n'est point a epar- ' Voyez CHARPENTE, MAISON, PAN ma 12013,