PORTE 420 sades. Les croisades ont. eu sur l'art du moyen fige, au (rommencenient du X118 siecle, une influence incontestable, rapide, parfaitement appre- eiable, lorsque l'on compare les monuments greco-romtiins de Syjrie avec ceux eleves en France dans les provinces du Midi, du Centre et, de Füuest. Matis l'architecture gothique, celle que lecole laique du Nord elexie vers latin du X116 siecle, est au contraire la reaction laplus manifeste contre cette influence venue (l'Orient. Soit qu'on envisage l'architecture gothique au point de vue de la structure, du systeme des proportions ou des ordonnances, de l'en1ploi des materiaux, du trace des profils, de la disposition des plans, de lornementation et. de la statuaire, elle se separe entierement des principes rapportes (l'()rient parles (lerniers architectes romans. Mais il est si facile däidmettre des jugements tout faits et. de les accepter sans controle, que nous entendrons repeter longtemps encore que l'architecture gothique a ete rapportee en France par les croises qui ont suivi Louis le Jeune en Palestine, bien qu'il soit. (ldlllütllftä anjourtfhui que les restes d'archi- tecture rappelant les formes gothiques, et existant en Palestine, sont dus precisement aux croises devenus maitres de Jerusalem. Le petit nombre de Franqais qui revinrent. en Occident. apres texpedition de Louis le Jeune avaient certes bien autre chose a penser qu'a rapporter des formules architectoniques. Pour qu'un art, a de si grandes dis- tances, passe d'un peuple chez un autre, il faut que des etablissements permanents aient pu se constituer, que des relations se forment, que le. commerce prenne un cours regulier. Ce ne sont. pas des soldats qui rapportent un art dans leur bagage, surtout. s'ils ont. tout. perdu en chemin. La principaute d'Antioche, fortement. etablie des la fin du Xle siecle en Syrie, au milieu d'une contree couverte litteralement d'eth- tices encore intacts aujourd'hui, a pu servir de centre (Vetudes pour les artistes (iccitlentztux; mais il est, en verite, assez pueril de croire que les croises des Xnt et XIIIB siecles, qui n'ont pu slitahlir nulle part, et n'ont tente que des expeditions malheureuses, aient rapporte en France un art. aussi complet. et aussi profondement. logique que l'est l'archi- tecture dite gothique. Il nous reste a etudiei- les portes (Peglises dues incontestablement a l'art franc-ais du commencement du X1118 sieele, en dehors de. toute intluence etrangtlre. Deja celles que nous avons donnees dans cet article, provenant, des eglises de Nesles, de Montreal, de Saint-Pere. sont, fpanghplnenl,gothlqtleä, bien qu'elles se rattachent par (lueltlnfis points aux traditions romanes, ou qu'elles presentent des singularites. Maintenant. nous entrons dans le domaine royal, nous ouvrons le X1116 siecle, et la marche de l'architecture est suivie sans deviations, aussi bien dans lexeeution de vastes portails de nos eglises que dans les autres parties de ces editices. Nous prendrons d'abord la porte de la facade occidentale de Notre-Dame de Paris, percee sur le colla- leral nord, et qui est connue sous le nom de porte de la Vierge. La porte opposee a celle-ci, s'ouvrant sur le collateral sud, est. composee en