233 ,P ONT il y a vingt ans, de presenter un veritable interet; il-a etedemoli {sans raison serieuse et remplace par un pont suspendu qui, bien entendu, devra bientot etre refait, la duree de ces sortes de ponts ne depassant guere un demi-siccle. Nos vieilles villes francaises, qui la plupart presentaient, il y a peu de temps, un caractere particulier, et qu'on aimait a visiter ainsi pa- rees encore de leurs monuments, ont laisse detruire, sous l'influence d'un engouement passager, bien de precieux debris. Esperons que leurs conseils municipaux, mieux instruits de leurs veritables interets, conserveront religieusement les restes de leur ancienne splendeur, respectes par le temps, quand ces restes d'ailleurs ne peuvent en au- cune fagon entraver les developpemeuts de Factivite moderne, et sont un attrait pour les voyageurs. L'arc romain de Saintes, si precieux sur le pont, fait aujourd'hui sur la rive la plus etrange figure, et semble etre un edifice echoue la par hasard. La ville de Cahors n'a heureusement pas encore detruit son merveil- leux pont de la Calandre, l'un des plus beaux et des plusi (zomplets que nous ait legues le Xllle sieele. La construction du pont ( e la Calandre remonte a Pannee 12351, et merite une etude speciale. Ce pont se reliait aux murailles de la ville, commandait le cours du Lot, et battait les collines qui sont situees sur la rive opposee. La ville de Cahors posse- dait trois ponts a peu pros laatis sur. lefmeme modele; le pont de la Calandre est celui des trois qui est le mieux conserve. Il se compose de six arches principales en tiers-point fort elevees au-dessus de Petiage. Sur la pile centrale et les deux piles extremes (fig. s'elevent trois tours: (telle du centre (zarreäe et les deux extrenles sur plan barlong. Du tablier du pont, des escaliers creueles permettent de monter au premier etage de ces tours. La ville est situee en A. Sur la rive oppo- see en B se dressent, abruptes, des collines calcaires assez hautes. On zirrivait au pont laterzileineiit, en suivant le cours duLot., soit en amont, soit en aval, ainsi qu'on le voit en C. Il fallait alors franchir une porte defendue par un chatelet D, qui commandait la route et les escarpe- ments inferieurs de la colline B. Cette porte double donnait entree a angle droit sur le tablier du pont, en avant de la premiere tour E. Les uara ets de cette remiere travee etaient. creneles, et communi uaient, itunpcote, par UIFOSCZIÜBP ega-lenlent crenele F, avec les defeicilses su- perieures du chittelet. ll fallait alors franchir la tour E, bien defendue dans sapartie superieure par des nlächicoulis, et par une porte avec machieoulis interieur. La porte E franchie, on entrait sur la prcnnere moitie du pont commandee par la tour centrale G, a laquelle on mon- tait par un escalier contenu dans un ouvrage construit sur l'un des avant-becs. Cette tour centrale etait de meme fermee par une porte. Celle-cri franchie, on entrait sur la seconde moitie du tablier, C0111- mandge par la "troisieme tour H, munie ason sommet de machicoulis. Du cote (le la ville, une derniereporte I (lefendait les approches de cette troisieme tourfa laquelle Olllfwlifztllt- par un escalier crenele vu. 30