PEINTURE 102 tes semer de touches opposees. Ainsi sur la colonnette couchee en vermillon, on semait. (les touches bleu clair cernees toujours de noir: ou sur la colonnette couchee en bleu clair, des touches d'un pourpre vif; sur celle couchee en bleu intense, des touches pourpre rose. L'or venait aussi, bien entendu, preter son eclat a ces faisceaux de colon- nettes devorees parla juxtaposition des couleurs translucides, lorsque le bleu entrait pour une grande part dans Pbzirmonie generale. Les arcatures ou tapisseries disposees au-dessous des fenetres, moins flevorees par les vitraux et, plus pres de l'oeil, pouvaient reprendre des tons plus doux et plus clairs, et alors les faisceaux de colonnettes pas- sant devant elles se (letachaient. en vigueur et. en eclat. Ce parti etail parfaitement compris dans la peinture de la sainte Chapelle haute du Palais'. En effet, dans le systeme de peinture adopte pour cet. inte- rieur, toutes les parties qui portent, qui forment liossziture et les nerfs de Pedificc, se detachent en vigueur et en eclat. Les fonds sont au contraire doux et. tenus au second plan. Les peintres decorateurs du moyen fige, pour circonscrire le rayon- nement des vitraux colores, employaient (fertains moyens d'un etfet sur. Si les fenetres possedaient des ebrasements, comme au commen- cement du xm" siecle, par exemple, ceux-ci etaient (ltäcortäs (terne- ments tres-vfivement, accuses par la (llffäl'8n(f6 des tons. Ces dessins etaient noirs et blancs, comme celui presente en A dans la figure t9, ou brun rouge, noirs et lJlEIÜCS, comme celui trace en B. (les couleurs tranchees, attenuees par lfetfet de la lumiere (lecomposee passant a travers des vitraux colores, conservaient assez de vigueur et de nettete pour border les peintures translucides, et prenaient des tons harmo- nieux par le rayonnement. de ces peintures. Si les fenetres, comme la plupart de celles qui se voient dans les edifices du milieu du xme siecle, se composaient de meneaux formant de lägers faisceaux de cotonnettes, celles-ci se couvraient de tons tres-xfoisins du noir, ainsi que le brun rouge fonce, le vert bleu tres-intense, l'ardoise sombre, le pourpre brun. Ces lignes obscures faisaient un encadrement a la ver- ricre; mais cependant les vitraux colores etant toujours bordes d'un mince tilet de verre lalanc, comme pour les mettre en man-go et empe- cher la bavure des tons translucides sur l'architecture, le long de ce filet blanc transparent on peignait le solin en vermillon, afin de mieux faire ressortir Feclat de la ligne lumineuse (voy. VITRAIL). Independamment de la coloration et du systeme harmonique (les tons de la peinture (lecorative, les artistes des xne et Xlll" siecles no- ' Lorsque l'on conlmenga la restauration des peintures de la sainte Chapelle, on n'avait pas rläcouvcrt le parti de coloration du fond des arcatures sous les fenätres. On fit du nombreux essais, tous sur une gamme sombre, mais l'harmonie gemärale Gtait (IÜFIIHgÜIY par celle de ces fonds obscurs. En lavant un mur, du cm6 de Penträe. on trouva, un jour, un fragment de la tapisserie claire qui forme le fond de cette nrcaturc; reproduit immüdiatemcnt, l'harmonie günärale fut rzätublie.