[ CIVILE ] 231 [ CONSTRUCTION "j que son axe B tombera en B' en dedans de liaxe inferieur A; 20 parce que le parement exterieur offrira une surface moins compressible que le parement interieur : donc ce mur ainsi construit exercera contre les bouts des poutres G une pression d'autant plus puissante, que ces planchers seront plus eleves au-dessus du sol; donc il sera superflu de chainer les murs, qui, loin de tendre a s'ecarter, auront au contraire une propension a s'incliner vers le centre du batiment. On voit, par cet exemple, que, bien que la construction civile du moyen age ait son caractere propre, distinct de la construction reli- gieuse, cependant les architectes cherchent, dans l'une comme dans l'autre, a remplacer les masses inertes par des forces agissantes. Dans les constructions civiles, les planchers sont consideres comme des etre- sillonnements poses entre des murs qui tendent a se rapprocher, Ainsi ces planchers sont roidis par la pression des murs, et l'ensemble de la batisse offre une grande solidite par suite de ces pressions contre un etresillonnement. Les constructeurs du moyen age font preuve, dans les combinaisons des voütes tenant aux edifices civils, d'une grande independance : le berceau, la votite d'arete romaine, la voüte gothique en arcs (Pogive, plein cintre ou surbaissec, la voüte composee d'arcs espaces supportant des plafonds ou des votitains, tout leur est bon, suivant l'occasion ou le besoin. Lorsque, dans l'architecture religieuse, ils ne suivaient plus qu'un seul mode de voüte, dest-a-dire pendant les XIIIG et XIVe siecles, ils avaient cependant le bon esprit de nappliquer ce systeme, dans les con- structions civiles, qu'autant qu'il offrait des avantages. Souvent des ba- timents tres-lzirges necessitaient Ferection d'un ou deux rangs de piliers a Finterieur pour porter les planchers des etages superieurs, ainsi que nous l'avons vu plus haut: alors le rez-de-ehaussee etait generalement voüte; mais comme ces quilles superposees, etresillonnees seulement par les planchers, n'avaient pas de stabilite, on faisait en sorte de les bien asseoir, au moins sur les piles inferieures portant les voütes, et, dans la crainte decraser les sommiers de ces ventes sous la charge, on les rendait independants des piles. Ainsi, par exemple (fig. 127) : soit une pile A de rez-de-chaussee des- tinee a porter des vontes, on etablissait sur cette pile deux ou trois as- sises B formant encorbellement sur les quatre faces ; on obtenait ainsi un repos G. Aux angles, on posait des sommiers D suivant les diago- nales du (rarre, pour recevoir les claveaux E des arcs ogives de la voüte; au centre, on continuait d'elever librement la pile G recevant les plan- chers superieurs, puis on fermait en moellon les remplissages H des voütes. Les sommiers de ces voütes, non plus que des remplissages, ne recevaient aucune charge, et le massif garnissant les reins ne faisait qu'etresillonner les piles. Craignant l'action des poussees au rez-de- chaussee sur des murs qui nletaientpas toujours munis de contre-forts, les constructeurs etablissaient souvent de tres-puissants encorbelle-