{ CONSTRUCTION ] 2 [ Arencu ]i materiaux, les ont mis en (Jeuvre par des moyens ditterents, et ont sa- tisfait a des besoins qui n'etaient point les nienies. Aussi l'apparence du monument grec et celle du monument romain ditferent essentiel- lement. Le Grec n'emploie que la plate-bande dans ses constructions; le Romain emploie l'arc, et, par suite, la voüte : ccla seul indique assez combien ces principes opposes doivent produire des constructions fort dissemblzibles, quant aux moyens employes et quant a leur apparence. Nous n'av'ons pas a faire connaitre ici les origines de ces deux prin- cipes et leurs consequenccs; nous prenons tarcliitectui-e romaine au point ou elle est. arrivee dans les (lerniers temps de l'en1pire, car c'est la source unique a laquelle le moyen äge va d'abord puiser. Le principe de la construction romaine est celui-ci : etablir des points d'appui presentant, par leur assiette et leur parfaite cohesion, des masses assez solides et homogenes pour resistei- au poids et a la pousf see des voütes; repartir ces pesanteurs et poussees sur des piles tixes dont la resistance inerte est. suffisante. Ainsi la construction romaine n'est qu'une concretion habilement calculee dont toutes les parties (lepourvucs d'elasticite, se maintiennent. par les lois de la pesanteur et leur parfaite adherence. Chez les Grecs, la stabilite est obtenue seule- ment par l'observation judicieuse de lois de la pesanteur; ils ne cher- chent pas ladherence des materiaux; en un mot, ils ne connaissent ni ifemploient, les mortiers. Les pesanteurs nagissant, dans leurs monu- ments, que verticalement, ils n'ont donc besoin que de resistances verticales; les ventes leur etant inconnues, ils n'ont pas a maintenir des pressions obliques, ce qu'on designe par des poussees. Comment les ltomains procedaient-ils pour obtenir des resistances passives et une: HtllIÜPOHCG parfaite entre toutes les parties inertes de leurs construc- tions et. les parties actives, c'est-a-dire entre les points d'appui et les ventes? Ils composaient des maeonneries homogenes au moyen de pe- tits Inateriaux, de (zailloux ou de pierrailles reunis par un mortier excel- lent, et enfermaient ces blocages, elevfäs par lits, dans un encaissement de brique, de moellon ou de pierre de taille. Quant aux voütes, ils les formaient sur cintres au moyen d'arcs de brique ou de pierre formant une sorte de ifeseau, et de beton battu sur couchis de bois. tlette me- thode presentait de nombreux avantages: elle etait expeditive; elle permettait de construire dans tous les pays des editices sur un nieme plan; (Yeniployer les armees ou les requisitions pour les elever; elle etait durable, economique; ne demandait qu'une bonne direction, en ifexigeant qu'un nombre restreint d'ouvriers habiles et intelligents, sous lesquels pouvaient travailler un nombre considerable de simples IIIIIIIÜJÜVPCS; elle evitait les transports lents et onereux de gros mate- riaux, les engins pour les elever; elle etait enfin la consequence de l'etat social et politique de la societe romaine. Les ttomains eleverent cepen- dant. des editices a l'instar des Grecs, comme leurs temples et leurs basiliques; mais ces monuments sont une importation, et doivent etre places en dehors de la veritable construction Püllltlllltt.