377 [ CLOCHER l France ou des provinces voisines, pour examiner comment, vers la Ineme epoque, cest-Ei-dire du xnc au Xllte siecle, les contrees eloignees de ce centre (l'architecture se transformerent, et passerent des formes romanes aux formes gothiques. Dans ces contrees, la transition fut plus longue, plus indecise, et la revolution ne fut (romplete que quand les ecoles purement, franeaises reagirent sur les provinces les plus eloignees de ce foyer de la belle et bonim architecture gothique. Nos lecteurs ont. vu que les clochers centraux de la Saone, (le Saone- et-Loire, lesquels appartiennent au style bourguignon, etaient un compose (les traditions carlovingiennes du Ithin et. des influences locales produites par la presence de monuments romains : c'est pour- quoi nous zivons, sur notre carte (fig. 61), place le foyer de cette ecole ä Autun. Mais a Autun meme, il n'existe pas de clocher anterieur au xve siecle qui ait quelque valeur; il nous faut aller trouver les types bourguignons du commencement du xne siecle a Beaune, a Saulieu. A Beaune, un clocher central presente un etage primitif qui possede tous les caracteres du type bourguignon roman. Ueglise de Saulieu con- serve ses deux clochers de facade a peu pres entiers, dans le meme caractere. Nous trouvons le type bourguignon tres-developpe, quoique Un peu melange, a la Gharite-sur-Loire. Ucglise abbatiale de la Gharite- sur-Loire, flependant de l'ordre de Gluny, bätie dans la premiere moitie du xn" siecle, etait precedee, comme toutes les eglises (le cet ordre, d'un vaste narthex, sur les eollateraux duquel selevaient deux gros clochers ; l'une de ces deux tours existe encore en entier, sauf le Couronnement, qui est. de charpente et d'une epoque plus recente. Voici (tig. 66) une vue perspective de ce clocher, prise de linterieuit du narthex, (letruit aujourd'hui, et dont on voit la naissance des voütes en A. Ici, comme dans l'architecture de cette epoque et de la province (le Bourgogne, les pilastres canneles remplacent presque partout. les colonnes portant les archivoltes. Les bandeaux sont ou ä modillons, ou (lecores de ces petites arcatures si frequentes dans l'architecture car- lovingienne du lthin. Uarcztture aveugle de letage inferieur en B et la (ronstructiou montee en pierres de grand appareil, sorte de placage surun massif, sont surtout franchement bourguignonnes. Mais ce qu'il ne faut pas omettre, c'est ce bandeau D, plaque de rosaces et de bas- reliefs dorneinents qui semblent etre (les fragments antiques incrustes dans la batisse. Nous en donnons un detail (fig. 67). Du reste, l'aspect (le cette tour est majestueux; ce qu'on pourrait lui reprocher, c'est. une certaine lourdeur et cette (livision (lu betTroi en deux etages egaux comme hauteur et semblables comme (lecoration. Mais il ne faut pas oublier qu'a cette epoque on ne posait pas des abat-son aux baies des beffrois, et que les zirchitectes cherchaient a garantir les charpentes interieures portant les cloches, en divisant les vides autant. que faire se pouvait, tout en suppleant par leur nombre a lkätroitesse de leur Ouverture. Cependant, sur les bords du Rhin, des le x11" siecle, 0m51 que nous l'avons vu plus haut, les architectes cherchaient. a rendre m. 45