33 [ ARC l tenir les arcs-boutants ne pouvaient satisfaire les constructeurs du xve Sigma, qui voumient que leurs edifices parussent plus legers encore qu'ils ne Petaient reellement. Dans quelques eglises, et notamment dans le chfnur de Peglise du Mont-Saint-lllicliel en mer, ils remplaccrent les eperong A de flanc par des arcs bandes d'un contre-forta l'autre, comme une succession däätresillons destines ä rendre tous les contre-forts des arcs-boutants solidaires. De tout ce qui precede on peut conclure que les architectes du moyen äge, apräS 21V0i1" PäS0lu le probleme de la construction des voütes sur des Piles minces et lSOlGÄGS, au moyen de Parc-boutant, ont ete frappes, SÜÜÜ ÜPPÜS VaPPlieation du principe, des diffieultes dexecution qu'il pre- sentait. Tous leurs efforts ont tendu a etablir Yequilibre entre la poussee des voütes et la resistance des arcs-boutants, a fonder ce systeme sur des flfäles fixes, Ce qui n'etait pas possible, puisque les conditions (Tequi- libre se modifient a l'infini en raison de la nature, du poids, de la resis- tance et de la dimension des materiaux. Les hommes d'un genie supe- Flcur, comme il arrive toujours, ont su vaincre ces difficultes, plutot par l'instinct que par le calcul, par l'observation des faits particuliers que par l'application de regles absolues. Les constructeurs vulgaires ont suivi tels ou tels exemples qu'ils avaient sous les yeux, mais sans se rendre compte des cas exceptionnels qu'ils avaient a traiter; souvent alors ils se sont trompes. Est-ce a dire pour cela que l'arc-boutant, parce qu'il exige une grande sagacite de la part du constructeur, est un moyen dont l'emploi doit etre proscrit? Nous ne le croyons pas. Car de ce que l'application d'un systeme presente des difficultes et une certaine finesse d'observation, ce n'est pas une raison pour le condamner, mais c'en est une pour Fetudier avec le plus grand soin. Ana DE DECHARGE. C'est l'arc qu'on noie, dans les constructions, au-dessus des linteaux des portes, au-dessus des vides en general, et des parties faibles des constructions inferieures, pour reporter le poids des constructions superieures sur des points d'appui dont la stabilite est assuree. Les archivoltes des portails et portes sont de veritables arcs de decharge (voy. ARCHIVOLTES, variete de PARC); toutefois on ne donne guere le nom d'arcs de decharge qu'aux arcs dont le parement affleure le nu des murs, qui ne se distinguent des assises horizontales que par leur appareil, et quelquefois cependant par une faible Saillie. Dans les constructions romaines elevees en petits materiaux et en blo- cage, on rencontre souvent des ares de decharge en briques et en moel- lons noyes en plein mur, afin de reporter les pesanteurs sur des points des fondations et soubassements etablis plus solidement que le reste de la batisse. Cette tradition se conserve encore pendant la periode romane. Mais Z1 cette epoque les constructions en blocage n'etaient plus en usage, et l'on ne trouve que tries-rarement des arcs destines a diviser les pesan- teurs dans un mur plein. D'ailleurs, dans les edilices romans, la con- struction devient presque toujours un motif de deeoration, et lorsqu'en