380 TACTIQUE DES ARMFIFIS FRANQAISES a Bertrand, avec son sens droit etpositif, ne Pentendail, pas ainsi : a moins courtois a l'ennemi, plus pitoyable aux pauvres, il prit la a guerre au serieux, et la fit bonne et rude. AllSSi susceptible que (i qui que ce fut sur le point d'honneur inflividuel, et toujours pret a adescendre en champ clos contre tout venant, il regardait l'ap- ff plication des idees du point d'honneur a la glll-JPPB comme une a absurdite, et, des qu'il se trouvait en campagne a la tete d'une a troupe de gens d'armes, il ne connaissait plus d'autre but que le a succes; 1a force ouverte ou la ruse, toutlui etait bon: quoique a terrible sur le champ de bataille, il aimait de predilection les sur- prises nocturnes, les cmbuscades, les stratagemes ou se deplovail. a son esprit inventif; il aimait a combiner ses mouvements, a {stu- a dier les accidents de terrain, a mettre a propos toutes les cir- a constances qui pouvaient influer sur le sort des armes..... i) Charles V ct son bon connetable c-hasserent les etrangers du territoire flTlIlQüiS sans livrer une seule grande bataille, mais a force de prudence, diftctivite et d'intelligence des moyens militaires dont on disposait alors. Il semblait que du Guesclin fut partout a la fois, insaisissable et se derobant devant un ennemi plus fort que lui, pour reparaitre sur un autre point, surprendre des garnisons, defaire des corps detaches, couper des communications, enlever des convois. Populaire, simple, il en imposait a tous, et les grands seigneurs eux- memes faisaient taire leurs jalousies devant l'autorilf3 qu'il avait su acquerir. Toute sa tactique militaire consistait a deconcerter l'ennemi et a ne jamais l'attaquer que quand il avait mis toutes les chances de son cote; le surprenant par la rapidite de ses mouvements et tombant sur les derrieres, quand on croyait le trouver en lete. Du Guesclin employait, l'infanterie, une infanterie qu'il avait l'or- mee et qui lui etait toute devouee. Il s'en occupait, ce que ne fai- saient guere les hommes de guerre de ce temps, la menageait, savait la poster ct la bien munir de tout ce qui lui etait neccssaire. Il la melait aux hommes d'armes pour les soutenir et eviter des desarrois irremediablcs. Bien qu'il ifoperat qu'avec des troupes peu nombreuses, excepte lorsqu'il entraina les grandes bandes en Espagne, il faisait marcher ses corps isolement pour les concentrer sur un point donne. Sa grande autorite, Sa severite, faisaient que ses ordres etaient toujours executes rigoureusement. Peu scrupuleux d'ailleurs sur les moyens, il poursuivait le rcsultat avec la tenacite bretonne, iretant Jamais a court. d'expedients dans les moments difficiles, brusquant les choses