378 T A O DES ARMEES AISI "RANQ Le roi suivit cet avis. Les deux marechaux choisirent trois cents chevaliers pour entamer l'affaire, ainsi que l'avait conseille Eustache de Ribeumont. Cette prcmiere troupe devait etre soutenue par la bataille des Allemands a cheval au service du roi, et qui se trou- vait au milieu d'eux, ainsi que par celle du duc de Norlnandie. Tous les autres hommes d'armes avaient ordre de mettre pied a terre et de penetrer sur le plateau des que la voie aurait etc faite par la cavalerie. L'attaque fut dilferee sur les instances du cardinal de Perigord, qui esperait. encore amener les Anglais a capituler. Les Anglais ne perdirent pas leur temps pendant la treve de vingt- quatre heures qui fut accordee pour les negociations. Ils renfor- cerent leur position, creuserent des tranchees, et se preparerent a soutenir l'attaque. Au jour, les Frangais sebranlerent. suivant l'ordre etabli l'avant-veille. Le gros de farmee anglaise, sur le pla- teau, a pied, derriere les vignes, ayant ses chevaux harnaches el prets a etre montes, attendait, Les trois cents hommes d'armes francais engages dans le chemin etroit qui montait au plateau, furent assaillis sur leurs flancs par une grele de fleehes, et, avant qu'ils eussent pu gravir la montee, la plu- part etaient renverses. (Jeux d'entre eux qui purent deboucher, fu- rent charges de front et culbules pendant que les flnglais se jetaient sur les flancs de la bataille du duc de Normandie, qui lacha pied et abandonna le terrain. Les Allemands seuls resislerent; mais pris de flanc par la cavalerie anglaise et cribles de fleches par les archers, ils perirent sans pouvoir meme changer de position. Les batailles du due d'0rleans, voyant le dcsarroi, battirent en retraite sans coup ferir. Alors les Anglais sortirent de leur position et entourerent Fepaisse troupe des hommes d'armes a pied, qui furent deconfits, pris ou tues sans avoir pu manoeuvrer. La tactique que les Anglais avaient adoptee a Crecy fut exactement suivie a Poitiers, en tenant compte de la difference des localites. Choisir une bonne position, appuyer ses flancs, attendre l'attaque de la cavalerie, la mettre en desordre par le tir des archers bien pos- tes, puis alors agir avec toutes ses forces de front avec la cavalerie, en repandant les terribles archers sur les flancs. A Cieecy, comme a Poitiers, les Frangais disposent leurs batailles les unes derriere les autres en colonne, afin de faire une trouee dans lecentre de l'ennemi. Celui-ci laisse venir, jette le desordre dans les prernieres batailles en les couvrant de fleches, oppose une masse compacte d'hommes d'armes a pied, comme a Creey, aux cavaliers, qui, se degageant, pourraient envelopper et aneanlir ce corps;