DEUIL 338 sur la tete de maniere que le point b füt place au milieu du front, puis, prenant les deux bords art du voile, on les ramenait sur ce point b, ou on les attachait avec une epingle. Ijetiquette reglant les vetements de deuil pour la noblesse ne parait pas avoir etefixee avant le regne de Charles V. Pendant les X110 et X111" siecles, les hommes, aussi bien que les femmes, portaient des vetements longs, et les vetements courts etaient reserves a 1a classe inferieure. Si l'on prenait le deuil, la forme des habits ne chan- geait pas, et l'on se contentait de les tailler dans des etoffes de laine sombres et de ne les point orner de passementeries. Mais lorsque, vers 1330, on se mit, dans les classes elevecs, a porter des veteinents serres et courts, ces habits etaient trop opposes, par leur coupe, a celle qui convient au deuil; on en changea donc la forme, et les vetements longs furent admis pour les personnes qui pleuraient la mort d'un proche. Le manteau a capuchon fut considere comme l'habit de deuil par excellence, pour les femmes comme pour les hommes, et ce manteau, depourvu d'ornements, double de fourrure grise avec passe-poils blancs, dut etre porte pendant un temps plus ou moins long, en raison du degre de parente qui existait entre le mort et les survivants. Cependant, les dames nobles portaient, apres la mort de leur epoux, une coill'ure qui indiquait leur qualite de veuvel. Cette coiffure consistait en une barbette avec guimpe ct voile blanc, et n'etait point quittee, leur vie durant, par les femmes qui tenaient un rang tres-eleve dans la societe. Ce n'est pas a dire que cette coiffure fut uniquement reservee aux veuves de la haute noblesseg, mais il est certain que les reines meres ne la quitterent pas a dater du commencement du XlVe siecle. Un beau manuscrit de la Bibliotheque imperiale 3, ecrit a la fin du regne de Philippe V, dit le Long, contient une traduction de Boece par Jehan de Meung. Cette traduction est precedee d'une dedicace ainsi conque : a A toy royal a mageste tres noble prince par la grace de Dieu roy de France (f Phelipe le Quint (le Long), je Jehan de Meun qui jadis ou romant a de la Rose puis que Jalousie ot mis en prison Belacueil enseignai c la maniere du chastel prendre et la rose cueillir....., etc. i) Or, la miniature qui est en tete de cette dedicace represente l'auteur Jehan de Meung ecrivant sur un pupitre; devant lui est une noble dame Jycz FarLicIc IOSSGS 2 Voyez ä cc sujet, ä l'article COIFFURE, les reprüsentulions de princesse de la bavette, avec voile et guimpe, n'ayant pas la qnalitd do veuves. 3 Franqais, (zontcxlunt Ic Livre rles esclze: de frfxrc Jehan de Viguzyv, le Livre vernemcnt des -ro1's, et la traduction de Boäcc de Jcnu de Meung. zoifWacs du gou-