IOIFFU 244 peu developpee. Plus tard, les hanches des femmes sont tres- accusees, la taille longue ; le bas de la ligure large, les yeux longs, le front petit: plus tard encore, le ventre est saillant, la taille courte, les epaules greles et ettacees, les tempes larges, le front haut, etc. A dater de la [in du xiv" siecle jusque la fin du xv", avoir le front haut et bombe etait, chez les femmes, une marque de beaute; et en examinant les statues de ces temps, les portraits qui ont d'ailleurs un caractere d'individualite bien tranche, on se demande comment tant de personnes pouvaient posseder ce carac- tere particulier qui, pour nous aujourd'hui, est une exception; de meme qu'en voyant les portraits des femmes de la seconde moitie du xvnc siecle, on peut se demander comment tant de dames possedaient des joues longues et un peu pendantes, une bouche en cerise, un nez court et petit, et des yeux a fleur de tete. ll est clair qu'une race ne se modifie pas ainsi au gre des desirs de la mode, mais que, pour plaire, les artistes inclinent, dans leurs reproduc- tions, vers un type admis comme excellent. Il est certain aussi que chacun se rapproche autant qu'il le peut de ce type, et qu'a force de chercher a lui ressembler, on donne au port et meme aux traits quelque chose qui appartient au milieu ou l'on vit et qui est en dehors de la personnalite. Nous ne croyons guere a l'influence d'un desir ou de la vue d'un type sur le fruit d'une femme enceinte ; cependant il y a dans ce vieux prejuge un fond vrai que le philo- sophe ne doit pas negliger et que les observations recentes sur la sälection naturelle viennent expliquer. Les etres qui appartiennent a l'ordre organique peuvent m'as-probablement se modifier dans une certaine limite, par suite de besoins, d'aptitudes, de goüts, de desirs; et il n'est pas rare de trouver deux personnes qui, ayant vecu longtemps dans une complete intimite, contractent des gestes, des allures, un port, un jeu de physionomie identiques, bien que d'ailleurs elles ne se ressemblent pas et ne soient point conformees de la meme maniere. Cela ne saurait, a notre sens, aller jusque faire penetrer une race dans une autre, et jusqu'i1 faire, par exemple, que des generatioils de Cafres, vivant au milieu d'Euro- peens, puissent jamais entrer dans la famille aryenne, ou du moins rien ne peut faire supposer que le fait soit possible; mais, dans le sein d'une meme race, nous voyons, en l'espace d'un siecle. se pro- duire de ces moditications physiques qui ont une certaine impor- tance et qui expliquent comment, si une mode se prolonge, des caracteres identiques s'observent chez tous les individus qui s'y soumettent. Donc, pour rentrer dans notre sujet, on ne pourrait