324 VIE PUBLIQUE DE NOBLESSE FEODALE, ETC. a dit le meme auteur", eut sept fils de differentes femmes..... Il avait pour epouse Ingonde; il l'aimait uniquement, lorsqu'elle lui fit cette demande : Monseigneur a fait de sa servante (dvHCfHtt sua) ce qu'il a voulu; il m'a recue dans son lit : maintenant, pour mettre le comble a ses faveurs, que mon seigneur roi daigne ecouter ce que sa servante lui demande. Je vous prie de vouloir bien chercher pour ma smur Aregonde, votre esclave, un homme a capable et riche, qui m'eleve au lieu de m'abaisser, et me donne a les moyens de vous servir avec plus d'attachement encore. Aces a mots, Clotaire, deja trop enclin a la volupte, s'enflamme d'amour a pour Aregonde, se rend a la campagne ou elle residait, et se a l'attache par le mariage. Quand elle fut a lui, il retourna pres a cflngonde, et lui dit : J'ai travaille a te procurer cette supreme a faveur que m'a demandee ta douce personne; et en cherchant un a homme riche et sage qui merität d'etre uni a ta sceur, je n'ai a trouve rien de mieux que moi-meme. Sache donc que je l'ai prise a pour epouse; je ne crois pas que cela te deplaise. Ce qui a parait bon aux yeux de mon maitre, repondit-elle, qu'il le fasse; a seulement, que ta servante vive toujours en grace avec le roi? Un certain Andarchius, esclave, homme entreprenant, ayant acquis pres de son jeune maitre-des connaissances dans les lettres et les sciences, attache plus tard au roi Sigebert, resolut d'arriver a la fortune par un mariage. Il se lie d'amitie avec un citoyen de Cler- mont nomme llrsus, cache sa cuirasse dans un coffre ou l'ona l'habitude de serrer les papiers, et dit a la femme d'Ursus, pendant une absence de celui-ci : a Je te recommande mes pieces d'or ren- ferinees dans ce meuble; il y en a plus de seize mille, et elles pourront tappartenir, si tu me donnes ta fille en mariage. l) La femme promet. Andarchius obtient un privilege, qu'il montre au juge du lieu, pour epouser la fille (l'Ursus, en lui disant: donne des arrhes pour Pepouserg. Le mariage des Francs etait donc alors precede d'un contrat consistant en la remise d'une somme par le futur aux parents de la future. C'etait un veritahle marche. Le cierge eut a lutter longtemps contre ces habitudes de barbares; nous les voyons persister encore au commencement du 1x? siecle. Il n'est pas besoin de dire que, jusqu'au moment ou fepousee fut consideree comme une compagne et non comme une esclave, les ceremonies qui avaient lieu au moment du mariage ' Gräg. de 'l'ours, Ilist. Franc, lib. IV, " lbirt, lib. lV, vu, XL.