Bauhaus-Universität Weimar

MAREÏ. 
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liquide aura cheminé dans le tube sera constamment propor¬ 
tionnelle à la dilatation du tronçon aortique (1). 
Si, l’index du tube à déplacement étant sur une division 
quelconque, on élève le réservoir de 10 centimètres, on voit 
la colonne liquide s’avancer d’une certaine quantité, expri¬ 
mant la valeur de la dilatation de l’aorte ; élevons ensuite le 
réservoir de 10 autres centimètres et nous aurons un nouveau 
déplacement de l’index, exprimant une nouvelle dilatation du 
vaisseau. Or, si nous portons en ordonnée les valeurs succes¬ 
sives des dilatations de l’aorte et sur l’axe des abscisses les 
pressions régulièrement croissantes auxquelles l’aorte a été 
soumise, nous obtiendrons la courbe de l’extensibilité de 
l’aorte en fonction de la pression. 
La figure 40 montre une série de courbes ainsi obtenues. 
Les courbes A, B, C, D, E correspondent à la dilatation 
d’aortes d’hommes ou d’animaux sous des charges régulière¬ 
ment croissantes ; elles offrent toutes .ce caractère commun, 
d’étre surbaissées et d’avoir leur convexité tournée en haut. 
Cette forme exprime que la dilatation de l’aorte devient de 
plus en plus faible pour des pressions de plus en plus éle¬ 
vées. 
Il semble, au premier abord, que le tissu de certaines 
aortes E et D soit beaucoup plus extensible que celui de 
certaines autres, attendu que les ordonnées des courbes qu’elles 
ont données sont plus hautes et que la courbe s’élève plus 
brusquement. Il ne faut pas s’en rapporter à cette apparence, 
parce que l’importance de la dilatation n’est pas seulement 
proportionnelle à l’extensibilité du tissu aortique, mais aussi 
à la capacité du vaisseau sur lequel on opère. Les courbes E 
(1) Voici un détail pratique et indispensable à connaître. Si l’on introduisait 
directement dans le tronçon aortique l’eau du réservoir R, cette eau fuirait de 
toute part, et si elle était colorée, on la verrait se répandre à l’intérieur du 
manchon de verre. Cela tient à ce que l’aorte ne peut être détachée sans 
qu'on divise un grand nombre de petites artères qui en émanent et sur les¬ 
quelles on ne saurait placer de ligatures. Pour fermer toutes ces ouvertures, 
on met à l’intérieur de l’aorte une poche de caoutchouc extrêmement mince et 
beaucoup plus large que l’aorte elle-même. C’est cette poche qui reçoit l’eau 
et qui, s’appliquant exactement à la face interne de l’aorte, ferme toutes les 
ouvertures des artérioles qui en émanent, sans présenter par elle-même une 
résistance appréciable à la distension. L’intermédiaire de cette poche ne 
change donc pas sensiblement la force élastique de l'aorte.
        

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