Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
La circulation du sang a l'état physiologique et dans les maladies
Person:
Marey, Étienne Jules
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit4268/61/
CHAPITRE IV. 
51 
l’abri des causes de putréfaction. Les mouvements sont conservés 
plus longtemps encore si le cœur est soumis à la circulation 
artificielle, c’est-à-dire traversé par un courant de sang défibriné 
qui entre par les orifices veineux dans les oreillettes et s’échappe 
par les artères. Nous aurons souvent à parler de cette méthode 
des circulations artificielles dont Ludwig a généralisé l’emploi. 
Haller et les auteurs qui l’ont suivi attribuaient le rythme du 
cœur à la présence du sang qui y pénètre d’une manière inter¬ 
mittente; ils considéraient le sang comme le stimulant des sys¬ 
toles. Une expérience célèbre de Haller semblait justifier ces vues. 
Ayant constaté, comme Galien1, que l’oreillette droite était le 
dernier point du cœur ou s’éteignaient les mouvements, Haller 
en avait conclu que cela tenait à ce que l’oreillette droite est le 
lieu où le sang s’accumule après la mort; il voulut confirmer 
cette théorie par une expérience. Au moyen de ligatures placées 
sur les veines caves, il empêcha le retour du sang à l’oreillette 
droite, puis, ouvrant l’artère pulmonaire, obtint la vacuité des 
cavités droites du cœur; plaçant enfin une ligature sur l’aorte, il 
retint le sang dans le cœur gauche. Alors se produisit un, ren¬ 
versement de l’ordre normal suivant lequel disparait le mouve¬ 
ment dans les cavités du cœur : Yultimum moriens fut déplacé et 
le ventricule gauche conserva son mouvement quatre heures de 
plus que les cavités droites2 3. 
La conclusion légitime de ces expériences est que la présence 
du sang dans le cœur est nécessaire pour y entretenir le mouve¬ 
ment; or, il en est de même pour tout muscle. Chez la grenouille 
dont le cœur n’a pas de vaisseaux, il suffit que du sang y soit 
contenu pour y entretenir le mouvement. 
Chez les animaux dont le cœur est pourvu d’une circulation 
vasculaire, l’intégrité de cette circulation est nécessaire au main¬ 
tien de la fonction cardiaque : on a cité, chez l’homme, des cas de 
mort subite qui semblaient dus à l’oblitération des artères coro¬ 
naires par une embolie. Erichsen5, Schiff4, Yon Bezold et Breg- 
1. Galien avait, pour cette raison, donné à l’oreillette droite le nom ü ultimum 
moriens. 
2. Ilaller, Opera minora, 1.1, p. 155. 
3. Erichsen, On the In fl. of the Coronary Circulation on the action of the Heart. 
(London, Med. Gaz., 1842.) 
4. Schiff, Der Modus d. Herzbewegung. {Arch, f.phys. Heilkunde, B. IX.) —En liant 
l’artère qui se rend au ventricule droit, Schiff a vu le mouvement s’arrêter promptement 
duns ce ventricule, tandis que le gauche continuait à battre longtemps.
        

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