Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'orgue. Ses éléments, son histoire, son esthétique
Person:
Cellier, Alexandre Bachelin
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39818/63/
58 
L’ORGUE. 
« Toi, vainqueur de Damon? As-tu seulement jamais possédé une flûte dont la cire 
réunit les tuyaux? N’est-ce pas toi, pâtre grossier, qu’on entendit si souvent aux carrefours 
fredonner de misérables airs sur ton aigre chalumeau? » 
Fistula, stipula, avena (Egl. I, V. 2), d’autres noms encore, Rome ne faisait guère de 
distinction qu’entre la flûte simple ou double, et la flûte de Pan, ou syrinx, et il n y a 
rien, là, qui nous amène directement à l’orgue. Théocnte a vécu au IIIe siècle avant J.-C., 
Virgile est né le 15 octobre de l’an 70 et mort le 22 septembre de l’an 19 avant J.-C. 
Que Ctésibios ait vécu au IIIe ou au IIe siècle avant J.-C., avec lui, beaucoup mieux 
qu’avec Pan, — ce nom pris comme pseudonyme, — qu’avec les créateurs anonymes de 
l’ougab et du cheng, nous nous trouvons en face de l’orgue à l’état embryonnaire. Selon 
Tertulien (De Anima, ch. iv) : « Specta portentosam Archimedis mumficentiam : 
organum hydrauhcum dico », c’est Archimède (287-212), qui serait l’inventeur de 
l’hydraule. Ctésibios fut ingénieur, disent les uns, mathématicien, disent les autres, 
barbier, selon certains, à Alexandrie au temps de Ptolémée Evergète, mais il y eut deux 
monarques de ce nom : l’un, III, qui régna de 246 à 221, l’autre, VII, de 145 à 147. Quoi 
qu’il en soit, c’est à lui, non à Archimède, qu’on attribue cette invention, dont, à coup 
sûr, il ne put prévoir les développements. Pas davantage il ne soupçonna les commentaires, 
les descriptions inexactes, qui se sont multipliés au cours des siècles. « Vitruve, dans son 
traité De Architectura, L. X, ch. XIII, donne une description détaillée de l’orgue hydrau¬ 
lique, mais elle est tout à fait obscure et inintelligible. Parmi les auteurs qui l’ont 
commentée, on cite le Père Kircher, jésuite, et Perrault. Le premier (2 mai 1602-28 
novembre 1680), en parle assez au long dans l’ouvrage qui a pour titre Magia phono- 
camptica, où il donne des figures gravées pour expliquer la description de Vitruve, mais 
il paraît qu’il donne plutôt 1 idée d un orgue de sa composition que de celui dont parle 
Vitruve, et avec lequel il n’a aucun rapport. Perrault a été jusqu’à se faire construire un 
orgue en petit d’après l’idée qu’il s’était formée de celui que Vitruve a décrit, mais il n’a 
pas été plus heureux. Au reste, Vitruve dit lui-même que, pour bien comprendre cet 
instrument, il fallait l’avoir vu et avoir des connaissances spéciales en cette matière. » 
Hélas! il en est trop souvent ainsi. Même à défaut de « connaissances spéciales » chez le 
lecteur, que de pages d’explications hérissées de mots techniques lui pourraient être 
épargnés par la vue directe de l’objet, du mécanisme à quoi l’on prétend l’initier! Il n’y 
faut pas songer en ce qui concerne l’hydraule. Du moins, les interprétations en partie ou 
en totalité fausses ont-elles été supprimées par les travaux définitifs de Clément Loret, 
qu’a résumés son fils, M. Victor Loret. « Ce qui intriguait surtout les curieux, c’était le 
rôle que jouait l’eau dans l’instrument. Etait-ce elle qui produisait un son, servait-elle à 
amortir le choc des leviers, devait-elle être froide ou chaude? Toutes les explications 
possibles, sauf la bonne, ont été proposées jusqu’en ces derniers temps. Au Moyen Age 
certain moine s’avisa de construire un orgue hydraulique que l’on jouait, afin qu’il fût 
effectivement hydraulique, en déversant des casseroles d’eau bouillante dans des flûtes. 
Cette opinion sur l’orgue hydraulique à eau chaude eut cours, chose étrange, jusqu’au 
milieu du XIXe siècle. Encore en 1872 Eétis se débat avec le texte de Vitruve qui décrit 
l’orgue hydraulique. Il comprend bien, ou croit comprendre quelque chose au mécanisme, 
mais il cherche en vain à découvrir quelle est la fonction utile de l’eau et se demande 
pourquoi on a bien pu donner le nom d’orgue hydraulique à un instrument où l’on 
met de l’eau qui ne sert à rien. » Et tout cela est très bien. Il ne faudrait cependant
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.