Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'orgue. Ses éléments, son histoire, son esthétique
Person:
Cellier, Alexandre Bachelin
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39818/61/
CHAPITRE PREMIER 
Origines de l’orgue. 
BIEN des siècles avant Père chrétienne, on le trouve à l’état embryonnaire, en Judée, 
en Chine et en Grèce. 
On ht dans la Genèse (IV, 21) : « Et nomen fratris ejus Jubal : ipse fuit pater 
canentium cithara et organo. » Traduction la plus répandue : « Et le nom de son frère fut 
Jubal, qui fut père de tous ceux qui touchent le violon et les orgues. » On ht, verset 4 
du Ps. 150 : « Laudate eum in tympano et choro; laudate eum in chordis et organo. » Traduc¬ 
tion : « Louez-le avec le tambour et la flûte; louez-le avec le luth et avec 1 orgue. » Il n en 
faut pas plus pour que d’innombrables bonnes âmes croient encore que l’orgue soit un 
présent que le Ciel ait fait à la Terre, autrement dit : que l’orgue ait été créé une fois 
pour toutes, comme l’homme, avec tous ses organes. On en trouve une preuve entre 
cent mille dans un ouvrage de vulgarisation : La France et les Français à travers les siècles, 
T. I. Paris, 1882, p. 261. L’illustrateur, ayant à historier une scène de tumulte déclenché 
par les Pastoureaux dans la cathédrale d’Orléans le 11 juin 1251, a dessiné, au fond de 
la nef, le 32 pieds qui s’impose dans les cathédrales. On verra où en était 1 orgue au 
milieu du XIIIe siècle. Mais revenons d’Orléans en Judée. 
Dans le texte de la Genèse les deux mots hébreux qui désignent des instruments de 
musique sont Ifinnor et ougab. Le premier pourrait s’appliquer à une harpe d origine 
égyptienne; le second, quand saint Jérôme le traduit par organum, il est d accord avec 
saint Augustin qui écrit, dans ses commentaires sur le Ps. 150 : « Organa dicuntur omma 
instrumenta musicorum »; et il dit lui-même : « Virgo surda sit ad organa; tibia, lyra, 
cithara, cur facta sint, nesciat. » « Ougab (...) (Genèse, IV. 19-21). Dans ce passage, où il 
est question de la musique à l’époque antédiluvienne, ce mot semble nous représenter 
les instruments à vent sans aucune distinction, ni détermination, et, dans les autres pas¬ 
sages où il est mentionné, on lui donne généralement le sens de flûte. On va même jusqu’à 
l’assimiler à la flûte de Pan de sept tuyaux de différentes longueurs. » Les traductions 
françaises sont donc d’une fausseté absolue; elles rendent le son de 1’ erreur en soi. 
Quelque mille ans avant 1ère chrétienne la Chine connaissait le cheng, ou orgue à 
bouche, de 7 à 36 tuyaux de bambou, dont le réservoir d’air est fait d’une gourde, où les 
anches sont des languettes de bambou. Il y en a où ces languettes sont de véritables 
anches libres, en cuivre, analogues à celles de l’harmonium, où la gourde est un
        

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