Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'orgue. Ses éléments, son histoire, son esthétique
Person:
Cellier, Alexandre Bachelin
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39818/233/
CHAPITRE VI 
Caractère, style et interprétation du jeu de l’orgue. 
SI l’on veut se faire une idée de la personnalité de 1 orgue, il est indispensable de 
comparer les différents moyens d expression musicale, depuis la voix humaine, 
l’instrument le plus naturel qui soit, ]usqu à 1 orgue, prototype du mécanisme le 
plus artificiel qui soit quant à la production du son, mais aussi le représentant le plus 
achevé de la synthèse sonore. > _ . 
La voix humaine est le premier de tous les moyens d expression musicale, celui 
qui tient de plus près à la nature. Nul luthier, nul harmoniste, n y concouit. Que si 1 on 
peut développer, corriger, gâter ou détruire son timbre, nous en usons sans avoir besoin 
d’intermédiaire et n en pouvons rien modifier d essentiel. Elle est 1 instrument vivant 
par excellence, le traducteur le plus direct de la sensibilité humaine. Vient le groupe 
des instruments à cordes et à archets. Avec lui un artifice s introduit entre la musique 
et nous-mêmes. Cependant, nous restons maîtres de la réalisation sonore avec nos doigts 
qui créent les sons sur les cordes, avec notre main qui, dirigeant 1 archet, les fait vibrer 
à des intensités différentes avec des accentuations subtiles. Le violon, c est en quelque 
sorte du chant sans paroles. Les instruments à vent représentent une espèce de méca¬ 
nisme à fabriquer des notes au moyen des clés. On y trouve pourtant 1 équivalent de 
l’archet dans le souffle humain, dont la qualité est fonction des poumons et des lèvres. 
Puis, c’est l’instrument à cordes frappées, dont le seul représentant qualifié est le piano. 
La note y est toute faite. Sa justesse, son timbre, ne dépendent que du facteur et de 
l’accordeur. Le marteau ne peut que varier 1 intensité de 1 attaque : une fois émis, le son 
n’est susceptible d’aucune modification. La sonorité plus ou moins belle ou atteint un 
pianiste dépend de l’homogénéité de son toucher, de son legato, de son art a manier la 
pédale. Son interprétation dépend de la manière dont il dose son dynamisme sonore, 
dont il obéit aux lois d’une rythmique infiniment subtile, à un impondérable rubato 
qui constitue un des éléments indéfinissables de l’exécution musicale. Avec des ressources 
plus spéciales, plus limitées aussi, la harpe avoisine le piano. Nous rencontrons enfin 
le clavecin à cordes pincées dont l’intensité et la qualité sonores ne peuvent être que 
fort peu modifiées par le jeu du virtuose. 
A l’orgue, tout est prévu, tout est immuable. Les doigts n ont pas d autre pouvoir 
que de déterminer l’ouverture des soupapes qui introduisent dans les tuyaux un souffle
        

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