Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'orgue. Ses éléments, son histoire, son esthétique
Person:
Cellier, Alexandre Bachelin
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39818/189/
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L’ORGUE. 
pour nous le type idéal que nous cherchons. » Ce (< type » pour 1 orgue, Roger le voyait 
en Mozart, Haydn et Hændel. (Ibid., 15 juillet 1864.) Il précisait ainsi en 1863 : « Ces 
ondes fortifiantes ne sont pas les eaux vives qui chantent avec tant de suavité dans la 
musique de Mozart (...). Bach appartient à un âge qui diffère essentiellement du nôtre. Il 
appartient aussi à une nation dont les gouts ne sont pas ceux de la nation française (■••)• 
Nous ne croyons pas possible de faire revivre les formes enterrées. Les musiciens qui 
sont venus après Bach, comme Haydn, IMozart, ^X/^eber, IVIendelssohn et autres, 1 ont 
bien compris. Il faut des procédés nouveaux à un siècle nouveau. Il n’y a que le génie 
de l’inspiration qui ne vieillisse pas. » Bach était donc, pour Louis Roger et pour beau¬ 
coup d’autres, plus un mathématicien de la musique qu’un inspiré. Mais Chauvet avait 
joué aussi une Sonate de IVIendelssohn : elle (( a produit plus d effet parce qu elle est 
écrite d’une forme plus moderne, et quelle se rapproche davantage du goût de notre 
époque. Le début est magistral et plein de sonorité. C’est un beau modèle à suivre ». 
D’admirer l’œuvre pour orgue de Mendelssohn dès 1864, ce n était pas une preuve de 
mauvais goût. N oublions pas qu a cette date Bach commençait a peine d etre prophète 
en son pays. On ht, dans la Gazette musicale du 9 mars 1834, p. 82 : (( La grande messe 
en si b [sic] de J.-S. Bach a été exécutée à Berlin au 4e concert de 1 Académie de chant 
et n’a pas obtenu le succès qu on attendait d un des chefs-d œuvre de 1 immortel maître. » 
Pourtant, il y a un fait : en France on joue du Bach sur des orgues désormais nanties 
de vrais pédaliers. Le dimanche de Pentecôte 1862, Magner, à Saint-Jacques-du-Haut- 
Pas, fait entendre la Toccata en fa. En janvier 1864 a lieu, à Saint-Merry, un concours 
pour le remplacement de Darnault, nommé à Saint-Roch : un des compétiteurs, le même 
Chauvet, joue la Fugue en sol mineur. En province, le 17 janvier 1863, à l’inauguration 
de l’orgue de Saint-Jean, à Caen, Chevreux, organiste de Notre-Dame de Saint-Lô, 
joue un fragment d’une des Sonates de Mendelssohn. Certains même, sans crier au génie, 
admirent Bach, plutôt, à la vérité, pour les difficultés techniques dont fourmille son 
œuvre. Georges Schmitt, organiste de Saint-Sulpice, écrit en mars 1862 : « On ne trouve 
pas dans cette musique les récits de Hautbois, les effets du trémolo, la ressource équivoque 
de la boîte expressive, mais on y trouve des idées d’une conception grandiose, la pureté 
du style, et surtout la nécessité d’une exécution irréprochable (...). Les exigences du clavier 
à pédales sont pour beaucoup de personnes un épouvantail. Son étude est difficile et 
longue; comment cependant exécuter la musique de Bach sans avoir vaincu toutes les 
difficultés du pédalier? » Bach, somme toute, égale alors pédalier. Quelque dix ans 
auparavant, d’Ortigue écrivait : « A l’exception de M. Boëly et de deux ou trois autres, 
on ne citerait pas un organiste en France capable d’exécuter correctement une fugue. » 
Et Danjou, le 5 mai 1859 ; « Il y a, certes, des organistes fort habiles dans les églises de 
Paris, dans les églises principales, moyennes et petites, des provinces. Quels sont ceux 
qui ont à leur disposition un piano à pédales (...) sur lequel ils puissent s’exercer journel¬ 
lement et se familiariser avec les belles fugues avec pédale obligée de J.-S. Bach, de 
Mendelssohn, de M. Lemmens? 
Il en est jusqu’à dix que l’on pourrait nommer. 
Et il y a un autre fait : représenté par l’abbé Couturier, de Langres, le clergé musi¬ 
cien répond à Louis Roger (Revue de musique sacrée, 15 avril, 15 mai 1863, etc.). En 
substance il argumente ainsi : tout est subjectif en esthétique musicale; mais de nom-
        

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