Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'orgue ancien et moderne. Traité historique, théorique et pratique de l'orgue et de son jeu
Person:
Couwenbergh, Hilaire Victor
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39816/82/
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a Conclusion pleine de sens ! Je pourrais répondre que le même 
jeu placé dans un orgue qui est de vingt quatre ans plus jeune que 
celui de Mooser, et qui a été construit par un grand facteur, est aussi, 
depuis huit ou neuf ans rejeté loin de l’orgue et banni dans un gre¬ 
nier, qu’est ce que cela prouve? Ne sait on pas que l’accumulation de 
la poussière, que l’humidité de certaines nefs, que la rouille sont ca¬ 
pables de ronger et de perforer les tuyaux? » 
« La voix humaine, du reste, n’est pas un jeu de fabrication dif¬ 
ficile, de médiocres facteurs peuvent le réussir; ce qui n’est pas aisé, 
c’est de lui faire rendre dans le médium et la basse les sons de son 
caractère et de sa nuance propre. La voix humaine est comme une 
vieige timide qui ciaint de se produire en public, elle n’y doit paraître 
que voilée, on ne doit 1 apercevoir que de loin. Mooser, qui avait une 
véritable entente de l’acoustique des jeux, l’a placée à part, éloignée 
des autres jeux, dans un enfoncement d’où les sons arrivaient purefiés, 
à demi-effacés, mystérieux. C’est-ce que les facteurs modernes n’imitent 
guère, de là bien des voix humaines modernes restent chevrotantes, 
rauques et enrouées, elles ne sont pas capables de créer l’illusion. » 
« 2. La situation de l’orgue explique sa grande vogue. Placé dans 
une petite ville de Suisse, dans un pays qu’on aime à visiter en détail, 
dont on recherche avidement les curiosités, l’orgue de Fribourg s’offrait 
naturellement à l’attention des étrangers. Cette ville montrait avec un 
orgueil légitime ce qu elle appelait les trois fleurons de sa couronne : 
1 oigue de S1 Nicolas, les deux ponts en fil de fer, le collège et le 
pensionnat de la compagnie de Jésus. De plus, Fribourg se trouvant 
sur le passage de la plupart des touristes, n’avait pourtant pas de théâtre 
et peu de concerts; on devait donc être heureux de trouver dans l’orgue 
un moyen de passer une agréable soirée. On allait à Fribourg en partie 
de plaisir. Voilà pourquoi le grand organiste Neukomm conduisait un 
jour à Fiibourg, à travers deux cents lieues, le corps diplomatique de 
Paris, pour lui faire entendre l’orgue, bien que les orgues de St-Dénis 
et de la Madeleine existassent déjà. - » 
« 3. Ces raisons si simples de la popularité de l’orgue de Fribourg 
n’ont pas été aperçues par la critique française, qui n’a voulu expliquer 
ce succès que par le talent de l’organiste. Jacques Vogt était un mu¬ 
sicien fort instruit et un organiste distingué. Il n’avait ni le mécanisme 
dun Best, ni le brillant d’un Lefébure. Son jeu était allemand, tem-
        

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