Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Travail et Plaisir. Nouvelles études expérimentales de psycho-mécanique
Person:
Féré, Charles
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39804/465/
TRAVAIL LT PLAISIR 
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des activités individuelles qui s’harmonisent indépendamment de toute 
volonté organisatrice; ses progrès sont subordonnés aux progrès indi¬ 
viduels et à la libre concurrence, qui aboutit à une coopération comme 
toutes les luttes, à commencer par celle de l’amour. 11 n’y a pas de pro¬ 
grès sans lutte, ni sans coopération. Le progrès paraît comporter une 
liberté croissante et une solidarité croissante (Guyau). L’idéal social c’est 
le développement d’une solidarité dont l’individu ne sente pas le poids. 
Mais l’évolution est l’effet d’une convergence de tendances individuelles 
qui obéissent à des lois qu’on ne peut formuler qu’après les avoir vues à 
l’œuvre. Ceux qui se flattent de pousser à la roue de l’évolution à l’aide de 
dogmes sociologiques basés sur l’idée de finalité se font illusion ; ils ne 
fontque courir lachance de contrarier les lois naturelles. L’idée de finalité 
est assez vague pour qu’on puisse lui faire comprendre les hypothèses les 
plus variées: volonté de Dieu, progrès de l’espèce, harmonie générale, 
bonheur universel, etc. On peut dire avec M. Palante qu’il y a autant de 
téléologies sociales qu’il y a d’individus, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de 
téléologie sociale L La fin vraisemblable de la société c’est la fin des 
individus : il n’est guère douteux que les conditions cosmiques de notre 
monde ont été incompatibles avec la vie telle qu’elle nous apparaît et 
que d’autres conditions cosmiques tout aussi incompatibles avec la vie 
actuelle se produiront un jour. 
La formule de la loi sociale n’est pas moins vague que l’idée de la 
finalité. L’objet de la loi, dit Spencer, est d’assurer le respect des prin¬ 
cipes moraux sur lesquels se pose la vie sociale. Chacun admet la 
nécessité des idées de justice, de droit et de devoir, de solidarité. Mais 
ces idées sont variables avec le temps et le milieu, aussi la théorie du 
contrat de justice ne varie pas moins que la théorie de la dette sociale. 
(Le contrat social de J-J. Rousseau, le quasi-contrat de L. Bourgeois2.) 
Si la liberté de l’homme commence à la libération de sa dette sociale, 
elle n’est pas plus facile à définir que la dette sociale. L’incertitude du 
but ne peut guère inspirer confiance sans des moyens certains de l’at¬ 
teindre. 
Le bon Lmerson nous console de son mieux. 
    

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