Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Études de rythmique et d'esthétique: De l`élément psychique dans le rythme et de ses rapports avec l'élément phonique
Person:
La Grasserie, Raoul
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39742/28/
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dans sa dégénérescence on passe à la valeur relative de ces 
syllabes, accent ou quantité, nous l’examinons ailleurs, car 
c’est une évolution du vers déjà pleinement constitué. Mais ce 
qu’il faut encore déduire de la théorie précédente, c’est Yorigine 
du pied. 
Nous sommes étonnes dans la versification sanscrite de ren¬ 
contrer à l’origine des pieds nullement formés de deux syllabes, 
c'est-à-dire d’une arsis plus une thesis, mais, ce qui déroute nos 
idées, de trois, quatre et cinq syllabes, dans lesquelles deux ou 
trois longues semblent tour à tour inviter Varsis à se poser sur 
elles. Peu à peu ces pieds s’éliminent et cèdent la place à des 
pieds de deux syllabes qui nous semblent familiers. D autre 
côté, ces pieds renferment des brèves et des longues réparties 
de toutes les manières. 
L’explication serait simple et nous la donnons plus loin, en 
partant de cette idée du pied purement symétrique, c’est-à-dire 
n’ayant pour but que d’établir çà et là un dessin rythmique 
pareil entre deux vers, sans marquer en même temps les divi¬ 
sions du temps. Mais on rencontre une objection. Supposons que 
pour établir ce dessin rythmique, l’oreille ait voulu que chaque 
vers finit par w —--, comment distinguer s’il y a deux pieds 
___|___^iun seul ? Si les Indiens n’y voient qu’un seul pied 
jamais deux, c’est qu’ils avaient des raisons pour cela ; et en 
présence de pieds inégaux composant le vers, la raison ne 
peut être que celle-ci : on a pris d’abord pour type un mot 
entier dont la quantité était marquée _---; plus tard cette 
quantité, au lieu de se trouver en un seul mot, put se rencontrer 
en plusieurs, mais la réunion quantitative continua à former le 
même agrégat. 
La même évolution se rencontre dans la métrique arabe. Les 
Arabes désignent encore leur pied par certains mots : le pied 
mafâïlon, \e pied mafâalaton, le pied fâ ilon, etc., ce qui indique 
bien qu’à l’origine c’étaient des mots de tel nombre de syllabes 
et de telle quantité qui devaient se placer à telle place du vers. 
Telle est bien l’origine du pied. Il ne devient que plus tard 
une mesure du temps. Il n’est d’abord qu’un instrument de con¬ 
cordance du dessin rythmique. Il reste l’image du mot entier qui 
remplissait cette fonction. 
Le pied est le mot rythmique substitué peu à peu au mot
        

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