Bauhaus-Universität Weimar

LES ÉCHELLES 
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3° Le mécanisme de l'audition ne nous a guère fourni 
qu'un élément négatif, l'absence, tout au moins à l'ori¬ 
gine, du sentiment naturel de Y égalité acoustique. Mais on 
peut aller plus loin et invoquer, comme élément naturel 
de la formation des échelles, une tendance vers l'inégalité 
des degrés. Gette tendance, dont il subsiste des traces très 
nettes dans les « notes de passage » de notre échelle mineure, 
porte la voix à marcher par intervalles décroissants, c'est- 
à-dire qu'en allant du grave à l'aigu les intervalles aigus 
seront plus resserrés et inversement. C'est ce que les musi¬ 
cologues appellent la « loi de l'attraction » (1). 
La sensibilité vocale étant plutôt ascendante, c’est 
généralement sur le type montant que les échelles purement 
vocales ont tendance à se modeler. Un bon exemple nous 
sera fourni par le tétracorde hindou, dont les trois inter¬ 
valles acoustiques ont comme valeur respective 4, 3 et 2 sru- 
tis, un autre par le tetracorde diatonique oriental avec ses 
degrés, presque équivalents, séparés par 12, 9 et 7 soixante- 
huitiemes d octave, une autre enfin par le tétracorde majeur 
dit « naturel » avec son ton majeur, son ton mineur et son 
demi-ton. 
Mais cette relation existe aussi bien à la descente ; 
on la retrouve dans le tétracorde diatonique « mou » (2) ; 
il est probable qu'avant que les degrés du tétracorde dia¬ 
tonique eussent été réglés par quintes ils comportaient 
l'inégalité inverse de celle que nous montrent les échelles 
vocales. En d’autres termes, les raisons qui, à la montée 
(1) D’après la doctrine, le tétracorde par degrés décroissants et la tierce « natu¬ 
relle » qui le caractérise ne seraient apparus que dans les temps modernes, à la 
suite de la découverte des harmoniques. Il suffit, croyons-nous, de lire l’exposé 
qui suit pour rectifier cette opinion : le tétracorde par degrés décroissants n’a 
pas attendu Zarlino pour se manifester. 
(2) La proportion donnée par les traités est 5, 3, 2, et non 4, 3, 2, mais il faut 
voir là sans doute une correction destinée à faire cadrer la progression décrois¬ 
sante avec l’échelle duodécimale, qui prévoyait 10/4 de ton par tétracorde. 
il va sans dire que ces proportions, n’ont pu être précisées qu’après l’établis¬ 
sement des instruments , tant que nous restons dans le domaine purement 
vocal il ne peut être question que de tendances.
        

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