Bauhaus-Universität Weimar

LES ÉCHELLES 
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exigeante pour la justesse des intervalles dans le grave 
que dans l’aigu; elle est particulièrement exigeante s’il 
s’agit d’intervalles compris dans notre tessiture vocale. 
Mais, dira-t-on, vous allez chercher bien loin une solution 
tout acquise : Weber et Fechner vous enseignent que des 
intervalles de sensation sont égaux quand ils correspondent 
à des rapports égaux entre les intensités d’excitation ; 
nous considérons donc, et à juste titre, comme égaux les 
intervalles réalisés par le passage de 120 à 180 vibrations, 
de 180 à 270 vibrations, etc., etc... (1). 
Or, cette loi, citée avec complaisance par tous les esthé¬ 
ticiens, que représente-t-elle ? Une relation constatée entre 
deux ordres de faits mesurés ? Mais nous demandons préci¬ 
sément qu’on nous fournisse le moyen de mesurer la sensa¬ 
tion comme on mesure l’excitation. Une définition, une con¬ 
vention permettant d’affecter d’un coefficient numérique 
certaines grandeurs essentiellement qualitatives ? Mais 
alors on ne nous apprend rien sur la manière, ou même sur 
la possibilité de mesurer ces grandeurs. 
Ce sont là, dira-t-on encore, des arguments a priori ; 
le sentiment de l’égalité des intervalles musicaux est un 
fait. Ce n’est pas certain, et il est sûr en tout cas qu’il n’est 
pas primordial ; c’est de l’acoustique même que les adver¬ 
saires des échelles tempérées tirent leurs arguments, et, 
chose plus frappante, dans les échelles des peuples pri¬ 
mitifs qui, ne possédant pas d’instruments, ont dû se 
fier exclusivement à l’oreille, on ne voit nullement inter¬ 
venir le souci de ménager des intervalles égaux. 
Prenons le problème classique de la division de la 
quarte, il a reçu quelques dizaines de solutions (2), ce qui 
semble, dès l’abord, écarter l’hypothèse qu’il existe un 
arrangement privilégié dicté par les lois harmoniques. Une 
(1) Cf. Wundt, Éléments de psychologie physiologique, I, pp. 446 ss. et les 
critiques de M. Ch. Lalo. 
(2) De solutions générales, s’entend ; si l’on comptait les solutions particu¬ 
lières, le nombre en serait infini.
        

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