Bauhaus-Universität Weimar

CONCLUSIONS 
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puisse se passer complètement de toute fiction romantique, 
de tout message artistique ; Ton connaît de grands pays 
approchant de très près de cet idéal, où en effet l’on se 
passe très bien d’art (1). Si par contre subsiste la nécessité 
de l’alibi 
— Que la vitre soit l’art, soit la mysticité — 
et à moins que les organisations religieuses ou sociales 
ne réussissent, comme dans l’antiquité, comme au Moyen 
âge, à absorber, à incorporer, à satisfaire les aspirations 
artistiques, la mystique de la Beauté conservera toujours 
sa raison d’être. 
Les deux alternatives ne sont d’ailleurs pas opposées. 
Nous avons tout à l’heure vu dans la musique pure le 
« bovarysme » d’un moyen qui s’érige en fin. Toutes les acti¬ 
vités pures sont des moyens qui s’érigent en fins — et qui 
en meurent. Et cependant le processus est nécessaire ; le 
moyen ne peut remplir complètement son objet qu’à la 
condition de se croire fin. Que peut fournir une morale 
réduite à la seule préoccupation de sanctions terrestres et 
même extra-terrestres, où n’existe pas une impulsion vers 
le bien, par le seul attrait du bien, le sentiment désin¬ 
téressé qu’ont proclamé sous des formes diverses, Marc- 
Aurèle, sainte Thérèse d’Avila, Kant ? Or ce sentiment 
n’est peut-être qu’une vitesse acquise, hors d’état par elle- 
même de donner l’impulsion à un système moral autonome. 
Que donnerait une science réduite à la seule préoccupation 
d’agir sur la réalité, ou en prenant la vue la plus large, de 
connaître la réalité, et qui par suite exclurait tout ce qui, 
dans les mathématiques, n’est que déduction du possible ? 
Mais cette déduction du possible ne vaut en fait que dans 
la mesure où, au bout d’un temps plus ou moins long, 
(1) Il e^t possible que cette vue soit superficielle, et que l’inquiétude, la vie 
spirituelle (difficile à distinguer de la vie artistique) s’y révèlent par des mani¬ 
festations variées : jazz-band, culte du Vaudou, cocaïnomanie, Christian 
science, etc. Sur ce point consulter Sinclair Lewis, notamment l’inappréciable 
Babbitt.
        

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