Bauhaus-Universität Weimar

LE SON PUR 
II 
vibrations périodiques simples se composent pour former 
un complexe sonore... elles associent non seulement leurs 
intensités, leurs hauteurs respectives, mais aussi leurs 
formes propres (i). » 
Au fond le conflit ainsi soulevé dépasse les limites de 
la science, c'est un nouvel aspect de la vieille querelle 
entre réalistes et nominalistes, entre ceux qui considèrent 
que la qualité est le résultat des relations numériques et 
ceux qui ne voient dans les relations numériques qu'une 
tentative de notre esprit pour analyser aussi approxi¬ 
mativement que possible la qualité. 
Les deux théories qui viennent d’être présentées ne 
s'opposent pas de bout en bout. La première, en effet, 
devrait se compléter logiquement par l'affirmation qu'à 
chacune des régions spécialisées à la réception d'un son 
déterminé correspond, par destination, une cellule céré¬ 
brale chargée de la perception de ce son. Mais une telle 
organisation serait contraire à tout ce que nous savons 
du mécanisme du cerveau ; aussi cette théorie n’a-t-elle 
jamais été soutenue nettement ; de quelque manière qu’on 
conçoive la réception auriculaire du son, on est toujours 
amené à envisager sa réception cérébrale comme un acte 
interprétatif (2); c'est d’ailleurs la seule hypothèse qui 
rende compte des singulières surdités partielles, portant 
d abord sur les sons purs, puis sur la parole, puis sur les 
bruits, où ces diverses sensations auditives apparaissent 
comme perçues en des centres différents (3). 
(1) U Audition, Paris, 1901. 
(2) « Ce qui arrive à l’écorce — aux nombreux éléments de l’écorce — est tout 
autre chose que l’irritation périphérique... les voies auditives ne sont pas une 
grande route où cheminent des sensations auditives, cela n’a aucun sens... 
Chaque neurone a sa réaction propre, ses connexions anatomiques, et, par 
conséquent, ses dispersions et ses adjonctions propres. » P. Bonnier, L Audition, 
P- 15. 
Il est regrettable que le Dr Bonnier, qui s’est si lucidement séparé de Helmholtz 
sur le terrain physiologique, accepte ensuite sans contrôle, sur le. terrain artis¬ 
tique, les conséquences des doctrines qu’il vient de réfuter. 
(3) Cf. Marage, L'Audition et ses variations, Paris, 1923.
        

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