Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
L'analyse de l'aphasie et l'étude de l'essence du langage
Person:
Goldstein, K.
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit39575/55/
484 
JOURNAL DE PSYCHOLOGIE 
tater cette altération des mots par l’emploi seul des noms des objets 
usuels ; on ne pouvait l’essayer qu’à propos d’autres mats. Nous 
avonsvu plus haut que pourellelesnomsde couleurs ne s’appliquaient 
qu’à des nuances très déterminées. Après qu’on lui.eut fait remarquer 
plusieurs fois avec insistance que des sujets normaux désignaient par 
le mot « rouge » aussi les autres nuances de rouge, elle a fait de 
même et elle est arrivée à classer sous ce nom diverses nuances de 
rouge. Il semblait, en apparence, qu’elle se cofnportât comme un sujet 
normal. Mais avait-elle changé d’attitude mentale, avait-elle retrouvé 
l’attitude catégorielle, ou n’en avait-elle pas besoin pour désigner une 
couleur? L’une et l’autre hypothèse se sont révélées fausses à l’exa¬ 
men. Elle n’avait rien changé à sa notion du rapport entre la couleur et 
le mot. En fait, le nom ne s’appliquait toujours pour elle qu’à une seule 
nuance. Ce qu’elle avait appris, c’est qu’on emploie aussi ce même 
terme pour d’autres nuances, « on », c’est-à-dire les autres, nous qui 
lui avions enseigné cela, et c’est pour nous faire plaisir qu’elle usait 
ainsi de ce mot. Mais elle gardait le sentiment que ce n’était pas 
exact, que quelque chose ne marchait pas. Ses affirmations souvent 
assez véhémentes ne laissaient sur ce point aucun doute : « Ce n’est 
pas ça... C’est parce que vous le voulez... » 
Elle avait évidemment établi entre les mots et les choses une rela¬ 
tion purement extérieure, qui lui apparaissait étrange, qui était 
sentie comme essentiellement différente de celle qui existait nor¬ 
malement pour elle entre les objets et les mots, là où elle les ressen¬ 
tait comme des noms propres, étroitement liés à l'objet. Le mot 
n’était pas pour elle un moyen d’introduire un ordre conceptuel 
dans les choses, il n'adhérait non plus à l’objet, il avait avec lui une 
tout autre relation, assez étrange, extérieure en quelque façon. 
La question se pose de savoir si la désignation exacte des 
objets par la malade ne tenait pas à ce que précédemment elle 
avait eu, étant en santé, un tel savoir verbal « extérieur » particu¬ 
lièrement solide, et si la différence entre lamalade et d’autres apha¬ 
siques amnésiques ne venait pas de ce que ce savoir verbal extérieur 
peut être, même chez les normaux, plus ou moins développé. Tout 
sujet normal possède certainement ces relations tout « extérieures» 
entre les objets et les mots, mais il les possède àdivers degrés. Quand 
nous ne connaissons pas bien l’objet devant lequel nous sommes
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.