Bauhaus-Universität Weimar

BALLY. — NOTIONS GRAMMATICALES D’ABSOLU El DE RELATIF 353 
mieux connu — que les temps verbaux relatifs sont sortis insensi¬ 
blement d’une syntaxe où les temps absolus existaient seuls, avec le 
concours des aspects. Le grec ancien donne une idée assez claire de 
l’état primitif, et les langues slaves modernes ne se sont pas encore 
créé un système normal de temps relatifs. Dans la phrase russe 
« Po bol’shoy doroge marshiroval soldat ; on bïl na voyne, a teper’ 
vozvraslitshals’ a domoy » (« Sur la grande route cheminait un 
soldat ; il avait été à la guerre, et maintenant il retournait dans ses 
foyers »), bïl, qui a, pour un Français, la valeur d’un plus-que-parfait, 
a la même forme grammaticale que les deux autres verbes, que nous 
traduisons par des imparfaits. 
Quant aux changements linguistiques qui ont peu à peu permis la 
création des associations relatives, elles appellent une étude d’en¬ 
semble qui serait fort désirable ; nous soulignerons le rôle qu’a joué 
ici, comme dans une foule d’autres types de syntagmes, la dépen¬ 
dance créée entre deux termes qui autrefois étaient simplement 
juxtaposés, le second précisant le- sens du premier sous forme 
d’épexégèse. Il est certain, par exemple, que le comparatif indo- 
européen en yes/yos (latin melior) a été à l’origine une classe 
d’adjectifs positifs désignant probablement le haut degré (absolu!) 
d’une qualité (Brugmann, ouvr. cité, II, 1, p. 656 ss.) ; autrement dit, 
la qualité était mesurée à une norme subjective (v. p. 346). L’idée de 
comparaison a pu être suggérée par la signification propre de 
certains de ces adjectifs, par exemple ceux qui désignaient un choix 
ou une supériorité; dans ce cas, des phrases juxtaposées d’une 
façon indépendante ont fini par être interprétées comme termes de 
comparaison. 
Un fait de syntaxe sanskrite le prouve clairement : la phrase « La 
raison vaut mieux que la violence » peut se traduire en sanskrit par 
« Çreyasi buddhirn# balam », littéralement: « La raison est supé¬ 
rieure, non lâ violence »; ce tour indique bien que çreyas se suffi¬ 
sait à lui-même autrefois (à une époque présanskrite !), qu’il était 
un adjectif au positif avec valeur augmentative. Cette forme est 
d’ailleurs toute pareille à cette autre : « Varam buddhir na balam », 
mot à mot: « Plutôt la raison, non la violence», où varam n’a rien, 
dans sa formation, qui rappelle un comparatif. Ainsi une phrase 
ajoutée en épexégèse a été incorporée au syntagme précédent comme 
JOURNAL. DE PSYCHOLOGIE, 1933. 23
        

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